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BNP Obli Nouveaux Marchés 2016

Un fonds obligataire qui perd un peu de lisibilité à trop vouloir en faire.

Voici un fonds qui propose de jouer les obligations des marchés émergents au travers d’une stratégie de portage : on garde les obligations jusqu’à leur remboursement en 2016 et on est ainsi remboursé au pair. Cette stratégie permet d’être indifférent, jusqu’à un certain point, à l’évolution des taux d’intérêt.

Il s’agit de la même stratégie que celle mise en œuvre en 2008 et 2009 par plusieurs fonds qui avaient été créés pour « ramasser » du papier massacré. On se souvient qu’en 2008 la crise des marchés actions s’était accompagnée d’une crise obligataire. A l’époque seuls les emprunts d’Etat trouvaient grâce aux yeux des investisseurs et les obligations d’émetteurs tels que Peugeot, Renault ou Cofiroute se négociaient avec une décote de 20 à 40%. On trouve parmi les fonds obligataires avec une stratégie de portage à terme des LCL Obli 2012 ou Elan 2013.

Si la stratégie est la même avec le fonds de BNP Paribas, la mise en œuvre est légèrement différente. On vise les obligations à haut rendement des marchés émergents en raison de leur croissance plus soutenue que celle des marchés développés. En outre, depuis la crise des dettes souveraines d’Europe du Sud (Grèce, Espagne et maintenant Portugal), les investisseurs ont été conduits à relativiser leur échelle de risque : le niveau de risque (mesuré par le marché des CDS) est actuellement moins important sur un émetteur privé comme Portugal Télécom que pour l’Etat portugais lui-même.

Du coup, on en arrive à penser que la dette émergente n’est pas nécessairement beaucoup plus risquée que de la dette d’émetteurs privés des marchés développé. Le promoteur du fonds indique qu’en 2010 le taux de défaut des obligations à haut rendement des marchés émergents (qui doivent représenter de 60 à 75% des actifs du fonds) a été moins important que le taux de défaut des obligations à haut rendement américaines…

Si la stratégie est séduisante, on a vu par exemple le fonds Elan 2013  profiter du rebond des marchés obligataires en enregistrant une performance de 17% avant de revenir à un rythme plus assagi, l’approche comporte aussi des sérieux risques.

Certes le fonds a vocation à être diversifié géographiquement (environ 35% des actifs en Europe Emergente, 30% en Amérique Latine, 20% en Asie, 15 au Moyen-Orient) mais il ne devrait compter que 45 lignes en vitesse de croisière, un nombre particulièrement peu élevé. Il est vrai que compte tenu des contraintes que le fonds s’est fixées (obligations arrivant à terme en 2016, libellées en euro ou en dollar) le gisement de titres est étroit. On y trouve par exemple, des obligations de Métives, une minière ukrainienne qui sert  un coupon 10,25% ou encore d’Urbi, un opérateur immobilier au Mexique avec un coupon de 8,50%.

Autre bémol, le fonds peut recourir aux produits dérivés afin de faire du levier, à hauteur de 200% selon son prospectus. Il est dommage que le promoteur, qui disposait d’un concept relativement lisible, ajoute ce qui peut être un moteur de performance mais aussi un facteur de risque. Enfin, le fonds ne prélève pas de commission de rachat, un bon moyen pourtant d’inciter les porteurs de part à rester dans le fonds jusqu’au terme de 2016. Si des investisseurs souhaitent se désengager pendant la vie du fonds, le promoteur n’aura d’autre choix alors que de vendre du papier pour procéder au rachat des parts.

Au finale, visant un rendement annuel de l’ordre de 5% à 6%, cette proposition ne manque pas d’intérêts pour un investisseur capable d’immobiliser son argent jusqu’en 2016 et qui a bien à l’esprit que ce fonds n’est pas protégé contre le risque de perte en capital, tant en raison de la valorisation des sous-jacents qu’en raison du recours à des produits dérivés. 

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A propos de l'auteur

Frédéric Lorenzini

Frédéric Lorenzini  est Directeur de la Recherche de Morningstar France.

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