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D’où viennent les étoiles

Comment un fonds perd-il, ou gagne-t-il, une étoile…

Régulièrement, un gérant de fonds me demande "Mon fonds vient de perdre une étoile, pourquoi ?". Et non moins régulièrement la tentation est grande de lui répondre simplement "Sans doute parce qu’il est moins bon…"

En fait, la notation quantitative à base d’étoile est recalculée tous les mois ; et il est assez logique que certains fonds voient, en fonction de l’évolution de leurs performances et de celle de leurs compétiteurs, changer le nombre de leurs étoiles dans un sens ou dans un autre.

Pour comprendre ce phénomène et comment évolue la notation d’un fonds, rappelons comment cette dernière est calculée, quels sont les éléments pris en compte et donc les facteurs susceptibles de l’impacter.

Performance et volatilité

La notation quantitative tient essentiellement compte de la performance nette et de la volatilité. Par performance nette, il faut entendre la performance du fonds sur la période déduction faite d’une part des frais de souscription et d’autre part du rendement d’un placement sans risque. Si un fonds a progressé de 27% sur 3 ans, la performance nette prise en compte pour sa notation sera de 27% moins les frais de souscription (disons 2%), et déduction faite du rendement d’un placement sans risque sur cette période (disons 7% sur 3 ans). Au finale, la performance nette ressort à 18%.

Il s’agit du "Morningstar Return" qui sera pondéré par la volatilité du fonds à l’aide d’une fonction d’utilité. Disons, en synthèse, que la volatilité pénalise le fonds et qu’à performances égales, un fonds avec une faible volatilité sera mieux classé qu’un fonds à volatilité élevée.

Après prise en compte de la volatilité on obtient le RMAR (Morningstar Risk-Adjust Return). Il ne reste plus alors qu’à classer les fonds d’une catégorie par ordre décroissant de MRAR et à distribuer les étoiles. Cette distribution prend la forme d’une courbe de Gauss : les 10% de têtes obtiennent 5 étoiles, les 22,5% suivant 4 étoiles, etc.

Cas limites

On l’a compris, cette notation quantitative à base d’étoile est relative : elle tient compte de la performance, des frais et de la volatilité du fonds par rapport à ceux des autre fonds de la catégorie à laquelle il appartient. Cela signifie que dans chaque catégorie il y a toujours des fonds notés 5 étoiles, comme ce fut le cas par exemple au début des années 2000 lorsque les fonds investis dans les technologies rivalisaient de persévérance pour atteindre des performances abyssales. A l’inverse, des fonds avec des performances régulièrement positives peuvent être notés 1 étoiles, tout simplement parce que leur homologues font mieux…

Quoi qu’il en soit, il arrive à certains fonds d’être situés à proximité de la limite faisant frontière entre 2 notes. Ainsi, dans l’exemple ci-après on voit que le fonds représenté par un point rouge est noté 5 étoiles et qu’il est situé à la limite du territoire des fonds notés 4 étoiles…

Il suffit que le fonds voie sa performance se dégrader légèrement … et il passera de l’autre coté de la frontière. Bien évidemment cette frontière est recalculée tous les mois, ce n’est donc pas tant la performance absolue du fonds qui est en question, mais sa performance relative.

Comment améliorer sa notation

Les lignes blanches qui marquent les frontières entre les différents niveaux de notes sont inclinées. Cela signifie que des fonds avec des performances équivalentes peuvent recevoir des notes différentes en fonctions de leur volatilité, comme le montre la ligne jaune du graphique suivant.

Performance, volatilité… une autre façon d’agir sur la notation d’un fonds consiste à intervenir au niveau des frais. On a vu sur le graphique précédent que le fonds représenté par un point rouge se situe sur le haut du panier en terme de performance, mais que sa volatilité risque de le faire basculer dans l’univers des 4 étoiles.

En réalité le fonds se classe dans le premier quartile de son univers en terme de performance. En revanche, il est bien moins classé au niveau de la volatilité : dans ce domaine il se classe dans le 3ème quartile… Cela est susceptible d’un mois sur l’autre de peser sur sa notation.

A défaut de pouvoir agir de façon certaine sur la performance et sur la volatilité de son fonds, le gérant peut prendre quelques mesures de nature à lui donner du mou. Il peut par exemple réduire les frais de souscription de son fonds, ce qui mécaniquement améliorera sa performance nette. Autre option, réduire ses frais de gestion, ce qui là encore dopera la performance nette.

Enfin, mentionnons un facteur qui peut expliquer un changement de note d’un mois sur l’autre : la prise en compte des notes sur différentes périodes. En effet, la notation à base d’étoiles est calculée sur 3 périodes différentes : 3 ans, 5 ans et 10 ans. La note globale qui est publiée sur le site tient compte de ces 3 notes, il suffit que l’une d’elle évolue et la note globale s’en ressent.

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A propos de l'auteur Frédéric Lorenzini

Frédéric Lorenzini  est Directeur de la Recherche de Morningstar France.