Gestion active/passive : amis plutôt qu’ennemis

Le débat entre gestion active et passive doit être dépassé : les deux peuvent aider les investisseurs à atteindre leurs objectifs financiers.

La percée de la gestion passive dans l’univers de la gestion d’actifs a conduit de nombreux acteurs à parier sur la fin de la gestion active. Elle a contribué à la baisse des frais de gestion, mouvement bénéfique à l’investisseur final, et a forcé de nombreuses sociétés de gestion à chercher d’autres moyens de répondre aux besoins des investisseurs (approche solution plutôt que produits par exemple), à améliorer leur offre (rationalisation des gammes).

Mais cette tendance ne signifie pas que la gestion active est devenue caduque. Comme l’expliqué Marlène Hassine Konqui, responsable de la recherche ETF de Lyxor AM, lors d’une conférence à Paris, « la compétition est saine pour l’investisseur final », puisqu’elle « force les sociétés de gestion à générer du ‘vrai’ alpha ».

Se pose plutôt la question du bon équilibre à trouver entre gestion passive et gestion active. Ce dernier n’a pas encore été trouvé au niveau de l’industrie mondiale de la gestion d’actifs, mais il dépend notamment du cycle du marché.

Dans les phases de récession, la gestion active est sans doute plus à même d’aider les gérants à mieux résister aux baisses des marchés. Dans les phases de reprise, la gestion passive semble plus adaptée, car, comme l’a montré l’histoire récente, le nombre de gérants actifs qui ont superformé de manière consistante les marchés a été très limité (de l’ordre de 25% sur les 10 dernières années selon Lyxor).

De fait, la gestion passive doit être vue comme un élément complémentaire dans la sélection de gérants. Elle offre une souplesse aux investisseurs pour s’exposer de manière tactique à certaines classes d’actifs, car les fonds passifs permettent d’accéder à des segments de marché (secteurs, thèmes…).

Le rôle de la gestion passive ou active dépend aussi de la classe d'actifs à laquelle on est exposé, rappelle Clémence Dachicourt, gérante de portefeuille chez Morningstar Investment Management.

"Au sein des actions développées, il est préférable de choisir des stratégies actives sur les petites plutôt que sur les grandes valeurs. Dans l'univers émergent, les gérants actifs peut créer de la valeur", explique-t-elle, en rappelant que la sélection des gérants est très importante.

Dans l'univers obligataire, "il est difficile de générer de la valeur via la sélection de fonds, les fonds haut rendement faisant parfois exception." 

Au sein de chaque classe d'actifs, "le niveau des frais est important à considérer, car cela diminue d'autant le niveau d'excès de performance", souligne Clémence Dachicourt.

Enfin, les investisseurs doivent considérer la dispersion et la distribution du niveau d'alpha au sein d'une classe d'actifs. "Une classe d'actifs offrant un niveau de dispersion d'alpha élevé avec un 'skew' positif sera plus intéressante pour un investisseur ayant été en mesure de sélectionner de bons gérants."

Morningstar publie un baromètre Actif/Passif qui permet aux investisseurs d’évaluer la capacité des gérants actifs de créer de la valeur par rapport à leur catégorie (laquelle inclut des fonds actifs et passifs), et aider ainsi ces derniers à atteindre leurs objectifs financiers. (Obtenez votre copie du baromètre Actif vs Passif pour l’Europe en cliquant sur ce lien.)

 

 

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