Comment savoir si une entreprise a un rempart concurrentiel ?

La rentabilité du capital est un indicateur. Mais les investisseurs devraient se poser des questions plus qualitatives.

Jocelyn Jovène 14.02.2018

Comment savoir si une entreprise dispose d’un rempart concurrentiel et si celui-ci est durable ?

La définition même de rempart concurrentiel (ou « Moat ») permet de se faire une idée. Une entreprise dispose d’un « moat » lorsqu’elle est en mesure de dégager de manière pérenne une rentabilité supérieure au coût du capital.

La rentabilité du capital investi encore appelée rentabilité des capitaux employés est une mesure de la performance d’une entreprise.

Le capital employé regroupe l’ensemble des actifs tangibles et intangibles de l’entreprise (terrains, bâtiments, usines, machines et équipements utiles à son activité, marques, brevets…) ainsi que son besoin en fonds de roulement (stocks, créances clients, dettes fournisseurs).

Pour 1 euro de capital employé, on évalue quel est le résultat opérationnel après impôt dégagé.

Comparer des entreprises

Il faut s’assurer que les entreprises ont des approches comptables similaires pour être sûr de comparer des éléments comparables.

Déterminer la rentabilité du capital permet ensuite de comparer une entreprise à ses concurrents et à son secteur.

En outre, lorsque la rentabilité est supérieure au coût du capital, cela indique que l’entreprise crée de la valeur pour ses actionnaires.

Mais on voit bien que cette rentabilité est aussi le reflet d’une stratégie et de la capacité de l’entreprise étudiée à allouer son capital vers des activités rentables.

Les autres points à aborder

Comprendre le cycle du capital dans une industrie est également un élément important qui permet d’évaluer la performance d’une entreprise et l’évolution de son environnement concurrentiel.

Pour compléter l’analyse, il est important de considérer également des éléments plus qualitatifs : degré de concentration de l’industrie, évolution des parts de marché, forces concurrentielles (pouvoir de négociation avec les clients/fournisseurs, intensité de la concurrence), existence de barrières à l’entrée ou à la sortie, ruptures technologiques, évolutions réglementaires…

Les analystes de Morningstar considèrent quatre facteurs en particulier dans la construction et le développement du rempart concurrentiel : les actifs intangibles, l’effet de réseau, l’efficience et l’avantage-coût et le coût de substitution.

Ces facteurs contribuent à l’attribution d’un niveau de rempart concurrentiel moyen (« Narrow Moat ») ou large (« Wide Moat »). Mais si une société n’est pas en mesure de faire durablement face à la concurrence, elle peut ne pas avoir de rempart (« No Moat »).

Nous évaluons également l’évolution du « Moat » dans le temps et intégrons une perspective sur ce dernier, qui sera stable, positive ou négative en fonction des dynamiques propres à la stratégie de l’entreprise ainsi qu’à l’industrie dans laquelle elle opère.

 

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A propos de l'auteur Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est le rédacteur en chef de Morningstar France.