Wall Street a encore de l’élan

La réforme fiscale de Donald Trump devrait donner un coup de boost à la croissance américaine. Au cours du mois écoulé, les fonds dédiés ont gagné 1,46% en moyenne.

Valerio Baselli 02.02.2018

Après avoir bondi de 6,7% en 2017, la Bourse américaine ne semble pas marquer le pas en ce début d’année. Au cours du mois de janvier, l’indice Morningstar US Market TR a progressé de 1,6%, poursuivant la tendance positive observée depuis août dernier (sur six mois, l’indice de référence progresse de 8,9%, en euros au 31 janvier 2018).

Evolution de l’indice Morningstar US Market TR sur un an

Données en euros au 31 janvier 2018
Source : Morningstar Direct

Neuvième année de croissance économique

La réforme fiscale aux États-Unis et l’augmentation prévue des dépenses fédérales pourraient alimenter une accélération de la croissance, le pays en étant à sa neuvième année de reprise. La réforme fiscale américaine prévoit entre autres une baisse du taux d'imposition des bénéfices des sociétés de 35% à 21%.

« Ces mesures constituent un changement radical par rapport à la politique budgétaire des États-Unis qui pesait jusqu’ici sur la croissance, et sont de bon augure pour la croissance mondiale généralisée », affirme Isabelle Mateos y Lago, directrice générale du BlackRock Investment Institute dans une note.

« La réduction de l’impôt sur les sociétés, les dépenses d’investissement immédiates et la hausse des dépenses fédérales devraient, selon nous, permettre une augmentation de 0,8 point de pourcentage du PIB réel des États-Unis en 2018 », estime-t-elle.

Comme l’indique le graphique qui suit, cette relance budgétaire est la plus importante depuis près d’une décennie et devrait confirmer le regain d’inflation. D’après le BlackRock Investment Institute, la Réserve fédérale peut envisager quatre relèvements de taux cette année au lieu des trois annoncés, et le cycle haussier américain peut se prolonger pendant au moins deux ou trois années supplémentaires.

La hausse des investissements des entreprises devrait stimuler le niveau de croissance potentielle des États-Unis et entraîner une hausse des importations. Une donnée illustre déjà cette tendance : au mois de décembre, la composante de l’indice ISM manufacturier concernant les nouvelles commandes a atteint 69,4.

Autre mesure de la réforme fiscale, la forte incitation au rapatriement des capitaux parqués hors des frontières américaines permettra aux entreprises de ramener sur le sol américain les capitaux détenus à l’étranger. « De nombreux observateurs évaluent le montant réel détenu sous forme d’actifs liquides à près de 1.000 milliards de dollars », écrit Vincent Passa, directeur de Legg Mason France dans une note. « A mesure que cet argent retrouvera sa terre natale, il pourra financer des dépenses d'investissement ou des activités favorables aux actionnaires : fusions-acquisitions, rachats d'actions ou augmentations de dividendes. »

Selon le cabinet de recherche Strategas, les deux secteurs qui pourraient bénéficier d'un rebond de ces activités sont la santé et les technologies de l'information ; 20% de la valeur de marché des sociétés du secteur de la santé de l’indice S&P 500 correspond à des bénéfices détenus à l’étranger et non distribués. Ce chiffre s’élève à 18% pour le secteur des technologies de l’information. Ces pourcentages sont beaucoup plus élevés que dans la plupart des autres secteurs de l'indice.

Il y a néanmoins des risques. La politique commerciale des États-Unis (notamment les discussions avec la Chine ou la menace d’un retrait unilatéral de l’Accord de libre-échange nord-américain ou NAFTA) pourrait infléchir des décennies d’intégration économique et financière à l’échelle mondiale. Le sentiment de marché peut basculer rapidement puisque les investisseurs peuvent craindre qu’un regain de protectionnisme de la part des États-Unis puisse provoquer un fléchissement du commerce mondial.

Actions américaines : collecte 2017 et performance en janvier

Selon les données de Morningstar, les fonds exposés au marché boursier américain disponibles en Europe ont décollecté en 2017 à hauteur de 4,2 milliards d’euros. Comme le montre le tableau ci-dessous, les fonds ayant un style « value » ou croissance ont été pénalisés, ainsi que les fonds spécialistes des petites valeurs, tandis que les valeurs moyennes et les fonds mixtes ont reçu des souscriptions. La cherté des marchés américains a sans doute conduit les investisseurs à éviter d’adopter un biais de style dans leurs choix d’allocation.

Concernant les performances, les fonds de placement au sein de la catégorie Actions américaines disponibles à la vente en France ont gagné 1,46% en moyenne au cours du mois de janvier. Sur 315 fonds au sein de cette catégorie, 169 ont battu la moyenne et 38 ont été en mesure d’afficher une performance supérieure à 3%.

En tête du classement on trouve le fonds PrivilEdge - Sands US Growth (USD) ND, lancé en 2014, qui investit dans un portefeuille constitué d’actions américaines de grande capitalisation dont 40% est exposé au secteur de la technologie. Vient ensuite le fonds BlackRock Global Funds - US Growth Fund A2, qui gère 415 milliards de dollars et dont les investissements consistent principalement en actions ordinaires de sociétés de croissance américaines à forte capitalisation. Pour clore le podium, on trouve le PGIM Jennison US Growth Fund USD I Accumulation, un fonds lancé en 2016 et noté Gold par les analystes de Morningstar.    

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A propos de l'auteur

Valerio Baselli

Valerio Baselli  est éditorialiste de Morningstar en France et Italie.

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