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2017, année inégale pour les fonds d’allocation modérée

JPMorgan sort grand gagnant, Carmignac est le grand perdant.

Jocelyn Jovène 15.01.2018

En 2017, les fonds d’allocation modérée globaux en euros disponibles à la vente en France ont enregistré une performance de 4,45%.

Ces fonds représentent des actifs sous gestion totalisant 133 milliards d’euros en Europe, et ont bénéficié d’une collecte positive (15,6 milliards d’euros).

De nombreux investisseurs, confrontés à la chute des rendements obligataires en euros, ont continué de se tourner vers les spécialistes de la gestion diversifiée soit pour trouver des poches de rendements plus attractives, soit pour mieux gérer les risques identifiés au cours de l’année (risque politique notamment).

Au sein de cette catégorie, on trouve parmi les plus gros fonds gérés sur le continent (toutes catégories confondues), avec notamment des « poids lourds » comme le fonds JPM Global Income (24,2 milliards d’euros d’encours à fin 2017, noté Bronze), Carmignac Patrimoine (22,3 milliards, noté Bronze), Allianz Income and Growth (18,7 milliards) ou Nordea 1 - Stable Return (17,5 milliards, noté Bronze).

Sur les 251 fonds au sein de la catégorie, 14 ont un encours supérieur à 1 milliard d’euros (l’encours moyen est de 527 millions d’euros).

Le bilan de l’année 2017 est marqué par des fortunes diverses, tant en termes de collecte et de performance.

Trois fonds ont particulièrement bien tiré leur épingle du jeu : JPM Global Income avec une collecte de 6,7 milliards d’euros en Europe, suivi par le fonds Allianz Income & Growth (6,3 milliards) et le fonds DPAM Global Strategy (1,44 milliard).

En revanche, les deux grands perdants de la catégorie sont le fonds Carmignac Patrimoine qui a subi 2,43 milliards de sorties de son fonds (après 1,35 milliard en 2016) et le fonds Nordea 1 – Stable Return qui a perdu 1,43 milliard d’euros en 2017 (mais après 10,43 milliards collectés l’année précédente selon les estimations de Morningstar).

Fait coïncidant (mais pas forcément explicatif), ces deux fonds ont sous-performé leur catégorie l’an dernier, tandis que les trois fonds ayant le plus fortement collecté ont surperformé. 

Il faut toutefois rappeler ici que suivre la seule performance passée à court terme d'un fonds pour en juger la qualité n'est pas suffisant. D'autres points de données et critères sont importants à considérer. Parmi ces éléments, la note des analystes Morningstar peut aider les investisseurs à faire leur choix.

Carmignac Patrimoine et Nordea 1 - Stable Return ont registré une performance de respectivement 0,1% et 2,63% en 2017. Les fonds de JPMorgan, Allianz et DPAM ont progressé de respectivement 6,56%, 11,01% et 5,54% l’an dernier.

Didier Saint-Georges, porte-parole de la gestion de Carmignac, explique dans une réponse aux questions écrites de Morningstar que « ce qui a pénalisé la performance du fonds Carmignac Patrimoine en 2017 se résume à deux causes principales. La première a été la hausse de l’euro, plus rapide que prévu. Un fonds investi globalement comme Carmignac Patrimoine détient en moyenne autour des deux tiers de ses investissements en dehors de la zone euro. Nous avions mis en place des couvertures de ce risque de change, mais pas de façon aussi radicale. » Il ajoute : « L’autre raison, dans une moindre mesure, a été notre position vendeuse sur les emprunts d’Etat allemand. Nous avons jugé (et nous maintenons ce jugement début 2018) que les rendements de ces obligations constituaient une anomalie intenable. Sans les distorsions des prix introduits par les achats de la Banque Centrale Européenne, nos calculs indiquent que le rythme de la croissance économique en zone euro justifierait que ces rendements soient deux fois plus élevés qu’ils n’ont été en 2017. Mais cette ‘normalisation’ des rendements ne s’est pas encore produite en 2017. Nous avons mis en œuvre notre stratégie de façon trop précoce. »

Du côté de Nordea, on souligne que les investisseurs ont préféré prendre leurs profits et arbitrer en faveur de stratégies plus directionnelles pour tirer parti de l’élection de Donald Trump et du solide momentum macro-économique.

Les gérants de la banque norvégienne expliquent toutefois que le fonds tend à sous-performer ses pairs pendant les phases de reprise économique solide en raison de l’absence de paris forts et de la recherche d’un profil de risque équilibré et la détention d’actifs défensifs dans le portefeuille.

Autre élément qui a pu jouer un rôle : les frais de gestion, qui sont de 1,49% en moyenne pour la catégorie, mais de 1,79% pour le fonds de Carmignac et de Nordea et de 1,41% pour JPMorgan, 1,52% pour DPAM et 0,84% pour Allianz.

Difficile en effet de justifier des frais élevés pour des fonds qui atteignent plusieurs milliards d’euros d’encours et qui ne délivrent pas de performance suffisante.

Cette contre-performance est d’autant plus décevante que l’année 2017 a été particulièrement favorable aux investisseurs qui avaient la bonne grille de lecture et ont su la mettre en œuvre tout en se montrant flexibles et tactiques.

Avec un regain attendu de la volatilité, 2018 sera sans doute une année idoine pour les plus gros allocataires de montrer leur capacité à faire face à un environnement de marché sans doute plus incertain.

Points de données sur une sélection de fonds d'allocation modérée - international

Source: Morningstar Direct

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A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est le rédacteur en chef de Morningstar France.

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