Bilan 2017 : les actifs risqués en tête

Les actions ont largement battu les obligations, sur fond de croissance sans inflation. Les valorisations de nombreuses classes d’actifs sont de plus en plus tendues.

Jocelyn Jovène 18.12.2017

2017 aura été une bonne année pour les actifs risqués. Malgré une évolution quelque peu erratique des principaux indices boursiers, en raison des incertitudes politiques (élections européennes) ou géopolitiques (Corée du Nord), les investisseurs ont continué de privilégier les actifs risqués, largement aidés par les politiques toujours très accommodantes des banques centrales avec en toile de fond une reprise économique à peu près uniforme tant dans les pays développés qu’émergents, et surtout pas d’inflation.

Les investisseurs ont donc continué de voir le verre à moitié plein, tout en évitant de réfléchir aux conséquences de long terme de nombreux défis structurels – vieillissement démographique, augmentation de l’endettement dans le monde, mises en place de réformes de structure pour redresser les gains de productivité ou le niveau de croissance potentielle (voir notre entretien avec l’économiste Véronique Riches-Flores).

Cet environnement de « croissance sans inflation » a largement profité aux actifs risqués, malgré des niveaux de valorisation de plus en plus tendus.

Depuis le début de l’année, l’indice MSCI ACWI a rapporté 9,8% (dividendes inclus ; performance au 15 décembre) pour un investisseur en euros, tandis que les obligations, représentées par l’indice BloombergBarclays Global Aggregate, ont cédé 4,2%.

Performance annuelle des actions mondiales et des obligations mondiales (en euros)

Source : Morningstar Direct (données au 15 décembre 2017)

Les actions soutenues par la croissance et les profits

Cette année, les actions mondiales ont évolué en trois phases (graphique) : un premier mouvement de hausse dans la foulée de l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis (novembre 2016), aidée par de bonnes statistiques économiques et un agenda politique rassurant en Europe (l’événement le plus emblématique ayant sans doute été l’élection présidentielle française) ; l’été a été plus volatil, en particulier à cause des tensions entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, qui ont laissé craindre un embrasement dans la région asiatique ; enfin, depuis la rentrée, le rebond des actions s’est amplifié, grâce à des statistiques économiques toujours rassurantes à travers le monde, mais aussi grâce à la modération de l’inflation.

Source : Morningstar Direct (données au 15 décembre 2017)

La performance des obligations a été globalement plus décevante. Malgré l’amélioration des indicateurs avancés, l’absence d’inflation et le maintien de politiques monétaires accommodantes ont contribué à l’aplatissement de la courbe des taux.

Evolution de l’inflation « core » aux Etats-Unis (%)

Source : FRED St Louis Reserve

Différentiel de rendement entre les rendements 10 ans et 2 ans des obligations gouvernementales américaines

Source : FRED St Louis Reserve

Ce mouvement d’aplatissement de la courbe est un sujet d’inquiétude, car il est généralement annonciateur d’un ralentissement économique, voire d’une récession. Il montre toutefois que, malgré des indicateurs avancés bien orientés, les marchés ne croient pas à la poursuite de la normalisation de la politique monétaire, laquelle passe non seulement par une hausse des taux directeurs, mais aussi par la réduction du bilan des banques centrales.

L’inflation et l’évolution de la politique monétaire feront partie des principaux éléments à suivre l’an prochain, ne serait-ce parce que les banques centrales doivent retrouver des marges de manœuvre pour intervenir en cas de prochain retournement du cycle économique.

 

Cette analyse a été réalisée avec la plate-forme professionnelle Morningstar Direct. Cliquez ici pour en savoir plus.

 

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A propos de l'auteur Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est le rédacteur en chef de Morningstar France.