Combien de cash dans une allocation ?

Plusieurs éléments devraient être pris en considération par les investisseurs.

Dan Kemp 03.11.2017

Les liquidités ou « cash » constituent un outil utile pour les investisseurs, qui est source de flexibilité et de protection du capital. Son principal inconvénient est que cet actif sous-performe la plupart des autres classes d’actifs. Comment savoir combien il faut avoir de cash dans une allocation ? Plusieurs points sont à prendre en considération sur ce sujet.

Le cash est l’actif liquide par excellence qui n’offre toutefois pas de potentiel de croissance dans une optique de long terme. Il est donc réservé à un usage de liquidités disponibles en cas de besoin et dépend de la capacité à trouver des idées d’investissement que l’on trouve dans les autres classes d’actifs. Le premier critère est donc de savoir quels sont les objectifs des clients et les contraintes qui peuvent se traduire par un besoin de liquidités à court terme par rapport aux objectifs de rendement sur longue période.

En pratique, cela signifie qu’il ne faut pas avoir peur de détenir des niveaux élevés de cash dans une allocation si l’on considère que d’un point de vue fondamental et au regard des valorisations actuelles, il n’y a qu’un nombre très limité d’opportunités d’investissement.

Le cash retient donc toute son utilité dans le contexte d’une approche holistique de ses investissements.

Des valorisations élevées sur de nombreuses classes d’actifs signifient que le risque de baisse des prix est important et donc donne toute sa raison d’être à une allocation aux liquidités. Ces dernières évitent donc toute prise de risque inutile et donnent des munitions pour intervenir lorsque les marchés retrouveront des niveaux de valorisation plus raisonnables.

Le cash a un coût

Comme toute classe d’actifs, le cash a un coût, mais c’est un coût implicite. Ou plutôt on parle de coût d’opportunité, c’est-à-dire le rendement que l’on pourrait obtenir en investissant dans d’autres classes d’actifs et auquel on choisit de renoncer en raison de l’absence de meilleur emploi.

Prenons un exemple. A fin septembre, au cours des cinq dernières années, l’indice MSCI All-Country World (ACWI) a dégagé un rendement annuel de 11%. A titre de comparaison, les taux d’intérêt globaux, utilisés comme référence pour le rendement du cash, ont chuté pour passer sous les 2%. Du point de vue d’un investisseur qui chercherait l’appréciation de son capital, le coût d’opportunité du cash est donc très élevé.

En outre, la détention de cash s’accompagne de coûts liés à la gestion de trésorerie, aux aspects fiscaux liés aux produits générés par des placements monétaires. Les frais moyens d’un fonds monétaire sont de l’ordre de 0,1% à 0,3% pour les investisseurs particuliers, ce qui vient en déduction du rendement reçu sur le longt terme.

Le comportement du cash

La maxime « cash is king » (« le cash est roi ») ressort régulièrement lorsque les marchés financiers paniquent, car les liquidités sont considérées comme l’actif ultime à détenir pour protéger son capital. Le cash est donc un actif utile dans une allocation pour se prémunir des biais psychologiques qui affectent le comportement des marchés (mouvements moutonniers…).

Les investisseurs souffrent de la « peur de perdre » et subissent de manière disproportionnée la perte d’un euro par rapport à la satisfaction de gagner un euro. Les investisseurs ont également tendance à s’appuyer sur l’histoire récente des marchés plutôt que d’essayer de prendre du recul et de mettre une situation en perspective.

Cela les conduit souvent à extrapoler les tendances récentes ou à baser leurs décisions sur des périodes de temps trop courtes pour en tirer des enseignements réellement utiles.

Pour éviter d’être pris au piège de tels biais, mettre en place une série de règles simples peut aider les investisseurs à rester fidèle à leur stratégie d’investissement. Rester attentif aux fondamentaux d’une classe d’actifs, comprendre ce que valorise le marché et avoir une vue de long terme sont des principes qui aident à prendre du recul et à agir sans tomber dans le piège de réagir de manière épidermique. Sous-performer à court terme n’est jamais agréable ni confortable, mais sur le long terme savoir tenir ses positions et rester discipliné est la meilleure façon de surperformer.

Cela signifie avoir une attitude contrariante. Quand les opportunités d’investissement sont plus rares, le cash a des vertus bien utiles dans une optique de long terme.

L’impact du cash

La construction d’une allocation d’actifs résulte d’un processus complexe de prise de décision qui passe par la compréhension des objectifs et des risques, la définition d’un horizon d’investissement, les contraintes en termes de liquidité, la fiscalité, ainsi que d’autres circonstances particulières.

Se baser sur la performance passée à court terme et l’extrapoler est le meilleur moyen de perdre son capital. S’il est difficile de savoir où en sera le cycle économique dans un an avec précision, se focaliser sur des classes d’actifs ayant un vrai potentiel d’appréciation sur le long terme est le meilleur moyen de préserver son capital sur une base réelle.

Compte tenu de la nature cyclique des marchés financiers et des éléments présentés précédemment, les investisseurs devraient considérer les liquidités dans une optique de gestion du risque à partir de l’analyse de la valorisation des classes d’actifs et être à la fois conscient du coût d’opportunité du cash mais également de son impact sur la performance d’un portefeuille.

Détenir du cash est un bon moyen de gérer son aversion aux pertes et de continuer à se focaliser sur l’ensemble des opportunités d’investissement qui se présenteront dans le futur. 

 

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A propos de l'auteur Dan Kemp

Dan Kemp  est directeur des investissements de Morningstar Investment Management Europe.