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Retour sur la conférence annuelle Morningstar

Une conférence placée sur le thème du « value investing ».

Jocelyn Jovène 11.09.2017

Il y avait de nombreux points communs entre les intervenants et experts de Morningstar qui se sont exprimés au cours de la huitième conférence annuelle à Paris : l’importance de placer l’investisseur au premier plan, d’avoir un cadre et un process d’investissement solide, et surtout centré sur la valeur.

Marge de sûreté

On aura beaucoup entendu parler de « marge de sûreté », une notion développée par Benjamin Graham dans les années 30 – et un concept central pour les tenants du « value investing ». Ils étaient d’ailleurs nombreux à parler lors de notre conférence annuelle : IVA avec Charles de Vaulx, Mark Donovan chez Boston Partners (Robeco), Kevin Johnson pour Dodge & Cox, mais également Clémence Dachicourt pour Morningstar.

Ces professionnels de la gestion ont expliqué en substance l’importance d’estimer la valeur intrinsèque d’un actif financier (action, obligation…) et d’attendre que le marché propose un prix suffisamment décoté par rapport à cette valeur pour l’acheter. Une démarche qui n’est d’ailleurs pas seulement l’apanage des gérants « value », mais de tous les gérants qui cherchent à créer de la valeur sur le long terme.

Comment cela est-il possible ? Comment le marché peut-il proposer des prix inférieurs à la valeur d’un actif, sensée refléter ses fondamentaux (croissance des résultats, génération de flux de trésorerie…) ? Tout simplement parce que les investisseurs sont confrontés à de nombreux biais comportementaux, qui sont à l’origine de bulles et de krachs sur les marchés.

Avoir des principes d’investissement, comme l’a rappelé Clémence Dachicourt, permet de ne pas se laisser influencer par ces biais psychologiques et de comprendre ce qui contribue réellement à la performance des actifs pour construire des portefeuilles orientés sur le long terme, et qui permettent de traverser les cycles de marché.

Trouver des opportunités

Ces principes sont d’autant plus importants que le nombre d’opportunités d’investissement s’est sensiblement réduit ces dernières années. Les fonds d’allocation gérés par Charles de Vaulx chez IVA, détiennent ainsi près de 50% en liquidités et en or.

Les portefeuilles modèles gérés par MIM accordent une part importante aux liquidités, car cette classe d’actifs présente un coût d’opportunité limité et permettra de saisir des opportunités quand les marchés deviendront plus volatils.

La cherté des marchés est aussi le défi que rencontrent des gérants obligataires, comme l’ont souligné Olivier de Larouzière de Natixis AM et Jean-Philippe Munch pour HSBC GAM ou les spécialistes des actions.

Aux Etats-Unis, où l’indice S&P 500 affiche des multiples de valorisation supérieurs à sa moyenne historique, Mark Donova, co-directeur général de Boston Partners a rappelé combien le fait de disposer d’un process solide et stable et de bien comprendre ce qui fait la valeur d’un titre sont une aide pour trouver des opportunités d’investissement et des titres décotés, malgré la cherté de l’indice.

Qu’ils soient spécialistes du « stock-picking » dans l’univers des actions européennes – représentés cette année par Isabelle de Gavoty chez AXA IM et Romain Burnand pour Moneta AM – ou experts de la dette émergente – avec Rob Drijkoningen de Neuberg Berman, ont également partagé leurs vues sur le marché actuel et où ils peuvent encore trouver des opportunités.

Manque d’inflation

Le nombre d’opportunités augmentera significativement si la volatilité revient. Est-ce pour bientôt ? De nombreux gérants et observateurs estimaient avant l’été que la perspective de la réduction des achats d’actifs pour les banques centrales serait de nature à générer de la volatilité sur les marchés.

Mais la sortie de ces programmes pourrait être plus lointaine que prévu par beaucoup, a averti Véronique Riches-Flores de RF Research. Au-delà de la faiblesse des prix du pétrole, des facteurs structurels, notamment le faible taux de participation des tranches d’âge les plus jeunes sont un frein à l’inflation salariale, malgré un taux de chômage faible ou en baisse dans de nombreux pays développés, a-t-elle expliqué.

Ces éléments pourraient peser sur le processus de « normalisation » des politiques monétaires. Dans un contexte où la volatilité pourrait rester faible encore quelque temps, il faudra encore plus de discernement de la part des investisseurs pour saisir des opportunités dans des marchés qui pourraient rester chers encore quelques temps.

 

 

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A propos de l'auteur Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est le rédacteur en chef de Morningstar France.