En visitant ce site, vous consentez à l'utilisation de cookies. Vous trouverez plus d'informations sur notre politique en cliquant sur le lien suivant..

Fonds passifs, la « durabilité » a un coût

Selon une récente analyse de Morningstar, les produits indiciels qui suivent les critères ESG sont moins diversifiés et affichent une plus grande « tracking error ». Mais sur le long terme ils réduisent les risques.

Valerio Baselli 08.08.2017

En mars 2016 Morningstar a lancé en partenariat avec Sustainalytics un système de notation qui compare le profil ESG (environnemental, social et de gouvernance) des fonds avec leurs concurrents de la catégorie. Le Morningstar Sustainability Rating aide donc les investisseurs à distinguer rapidement les fonds qui sont fidèles à leur label « socialement responsable » de ceux qui ne le sont pas.

Il est important, cependant, de sélectionner ces produits après les avoir examinés en détail, et pas seulement sur la base de cette notation.

Par exemple, selon la dernière étude Morningstar Asset-Class Spotlight, dédiée aux actions internationales, il y a actuellement 26 fonds passifs actions internationales disponibles en Europe éligibles à cette note. Ils obtiennent au moins trois globes, ce qui indique un profil de durabilité moyen. Parmi eux, il y en a 13 ans qui affichent une note de durabilité supérieure à la moyenne (4 globes) ou élevée (5 globes).

L'analyse montre que les fonds avec des scores de durabilité plus élevés ont tendance à être plus concentrés en termes de titres dans le portefeuille, tandis que ceux avec un score de durabilité plus bas ont tendance à être plus diversifiés. Ce rapport est assez intuitif : en augmentant le nombre de titres en portefeuille, l'exposition ESG perd en pureté, car les titres ajoutés sont de moins en moins conformes aux critères de durabilité. Cela explique pourquoi la moitié de l'échantillon reçoit une note « moyenne » de trois globes.

Rapport entre nombre des titres du portefeuille et classification percentile ESG dans la catégorie

Une autre caractéristique des trackers « responsables » est d'avoir une erreur de suivi (« tracking error », c’est-à-dire la volatilité de la différence de performance entre un fonds et son benchmark) plus élevée que leurs concurrents traditionnels, comme on peut le voir dans le tableau ci-dessous. Encore une fois, cela n’est pas surprenant : en ayant moins de titres que l'indice de référence, l'exposition « beta » au marché répliqué est plus faible.

Rapport entre le nombre de titres en portefeuille et le « tracking error »

Il est donc très important que les investisseurs soient conscients de ce « compromis » nécessaire entre une forte exposition ESG d'un côté et une large diversification et une faible erreur de réplication de l'autre.

Par exemple, les investisseurs ayant des convictions très prononcées peuvent favoriser une exposition ESG plus pure, mais au prix d'un portefeuille plus concentré et un écart potentiel plus important avec l'indice. Les investisseurs qui cherchent un produit passif pour leur exposition « core », par contre, peuvent être plus disposés à compromettre la pureté ESG (en acceptent des sociétés moins vertueuses), mais en contrepartie maintenir les avantages de la diversification et une erreur de suivi inférieure.

Cette analyse a été réalisée avec la plate-forme professionnelle Morningstar Direct. Cliquez ici pour en savoir plus.

Cliquez ici pour visiter le site dédié à la Note de durabilité Morningstar.

Pensez-vous être un génie de l’investissement? Cliquez ici et prouvez le avec Morningstar Investing Mastermind Quiz

A propos de l'auteur Valerio Baselli

Valerio Baselli  est éditorialiste de Morningstar en France et Italie.