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La supériorité des ETF à béta stratégique n’est pas démontrée

Malgré certains avantages, les ETF à béta stratégique n’ont pas tenu entièrement leurs promesses.

Ben Johnson 28.07.2017

Les ETF à béta stratégique ont gagné en popularité ces dernières années. Ces fonds répliquent la performance d’indices, en prenant des paris actifs afin d’offrir un surcroît de performance, de minimiser le risque ou de mixer ces deux objectifs.

A fin mai, on dénombrait 637 ETF à béta stratégique sur le marché américain pour un encours de 619 milliards de dollars. Nous avons évalué la performance de ces produits et évalué leur valeur ajoutée pour les investisseurs, en partant de la boîte de style de Morningstar.

Taux de succès

Nous avons mesuré la performance des ETF à béta stratégique par rapport à un indice équipondéré des pairs de la même catégorie qui répliquent des indices simplement pondérés par la capitalisation boursière. Cette approche permet de faire une analyse nette de frais et d’éviter des problèmes qui peuvent survenir du fait de biais de sélection.

Pour estimer le taux de succès, un ETF à béta stratégique est considéré comme réussissant si 1) il a survécu la période analysée et 2) il a surperformé un composite équipondéré de ses comparables pondérés par la capitalisation boursière.

Les résultats sont repris dans le tableau suivant.

Le taux de succès au sein des neuf catégories Morningstar est mitigé. Les ETF à béta stratégique dans l’univers des grandes capitalisations boursières se sont généralement mieux comportés que ceux dans les univers des moyennes et petites valeurs. Sur 10 ans, à fin mars 2017, 84% des ETF à béta stratégique sur les grandes capitalisations ont battu leurs comparables pondérés seulement par la capitalisation boursière, contre 29% pour les moyennes valeurs et 33% pour les petites valeurs.

Performance

Les ETF à béta stratégique ont fait mieux que les ETF basés seulement sur la capitalisation boursière dans 4 catégories sur 9, dont les 3 catégories grandes capitalisations. Si l’on ajuste cette performance des actifs sous gestion, les ETF à béta stratégique n’ont fait mieux que dans 2 catégories sur 9.

La supériorité des ETF à béta stratégique est moins éclatante. Dans le cas des catégories Grandes capitalisations mixte et croissance, la surperformance est limitée. L’écart de performance des fonds ayant un style « Value » est en revanche plus net.

Ces résultats montrent que les investisseurs ne sont pas doués dans le timing de leur décision d’investissement. Dans 8 catégories sur 9, la performance ajustée des actifs sous gestion est inférieure à la performance équipondérée. Cela indice que les investisseurs ont eu tendance à placer leur argent dans des ETF qui ont produit des résultats inférieurs à la moyenne.

Survie

Dans les deux camps (béta stratégique et pondération fondée seulement sur la capitalisation), le taux de survie atteint 80% ou davantage sur l’ensemble des périodes analysées. Le taux de survie des ETF à béta stratégique est plus élevé que celui des fonds actifs. Cette différence s’explique par la taille plus petite de l’univers des ETF, une moindre saturation et un marché moins mature.

Performance ajustée du risque

A l’aune de cette mesure, l’écart entre ETF à béta stratégique et ETF traditionnels est ténu. Ceci tend à indiquer que l’écart de performance entre les deux univers est attribuable en partie au fait que les ETF à béta stratégique prennent plus de risque.

L’analyse des facteurs de risque qui contribuent à la performance de ETF à béta stratégique montre que deux facteurs ressortent en particulier. Dans 7 catégories sur 9, le facteur « Value » explique la différence de performance entre les deux univers. En outre, à nouveau dans 7 catégories sur 9, un facteur de taille joue lui aussi un rôle.

Etant donné que virtuellement tous les ETF à béta stratégique pondèrent leurs positions sur la base d’autres mesures que la capitalisation boursière, il n’est pas surprenant que ces instruments fassent apparaître un biais en faveur des titres décotés ou des petites capitalisations.

Conclusion

Les ETF à béta stratégique cherchent le plus souvent à combiner le meilleur des deux mondes entre la gestion passive et active pour sélectionner leurs sous-jacents. Ils ont d’indéniables avantages sur la majorité des fonds actifs, en particulier leur faible coût, une plus grande efficacité sur le plan fiscal et l’absence de risque idiosyncratique.

En dépit de ces avantages toutefois, en moyenne, ces fonds n’apportent pas de clair avantage sur les ETF dont le critère de construction est seulement celui de la capitalisation boursière. La seule différence est que les ETF à béta stratégique apportent un couple risque/rendement différent de celui du marché.

Aussi, comme les fonds actifs, ils auront tendance à surperformer ou sous-performer le reste du marché. Les investisseurs ne seront en mesure d’en tirer le meilleur parti qu’en fonction de leur capacité à rester investi dans ces produits quelle que soit l’environnement de marché, dans la mesure où ces produits sont toujours cohérents avec leurs objectifs financiers.

 

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A propos de l'auteur

Ben Johnson  Ben Johnson is Morningstar’s Director of European ETF Research.