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Les obligations perdent de leur attrait

Quelle que soit la politique monétaire à court terme, les faibles taux d'intérêt pèseront sur les rendements futurs. Au cours du dernier mois, la catégorie « global bonds » a perdu en moyenne 1%. 

Valerio Baselli 11.05.2017

Le marché obligataire traverse une période compliquée, marquée par des rendements négatifs sur certaines maturités, et un regain de volatilité lié aux incertitudes politiques européennes des dernières semaines.

Dans ce contexte, le Morningstar Aggregate Global Bond Index a perdu 2,5% au cours du dernier mois, ce qui porte la performance depuis le début de l’année à +0,5% (au 9 mai, en euros).

Evolution de l’indice Morningstar Aggregate Global Bond depuis le début de l’année
 
Données en euros au 9 mai 2017
Source : Morningstar Direct

L’environnement de taux bas, toutefois, devrait être de courte durée. Cela devrait être le cas aux Etats-Unis, où la Réserve Fédérale a laissé la porte ouverte à une hausse de son taux directeur en juin : « si les indicateurs allaient dans le sens d'une accélération de la croissance économique au deuxième trimestre, de la poursuite du renforcement du marché du travail et de progrès de l'inflation vers l'objectif de 2% du comité, alors il serait probablement approprié pour le comité de relever en juin la fourchette d'objectifs des taux fédéraux », indique la Fed dans les minutes de la réunion de son comité de politique monétaire.

De ce côté de l’Atlantique la situation est moins claire. Conformément aux attentes du marché, la Banque Centrale Européenne a laissé ses taux d’intérêt inchangés et n’a pas modifié son programme de rachats d’actifs lors de sa réunion d’avril. « Ces derniers mois, la BCE a fait l’objet d’une attention plus marquée, alors qu’elle cherche à concilier différentes forces contradictoires : la forte croissance de l’économie, l’accélération de l’inflation fondamentale et le spectre du populisme qui a pesé cette année sur les élections dans la zone euro », a commenté dans un communiqué Brendan Lardner, directeur EMEA de la gestion de portefeuille Global Fixed Income chez State Street Global Advisors.

Le conseil des gouverneurs a donc renouvelé sa position de prudence adoptée depuis près d’un an, ce qui indique que l’ensemble des mesures de stimulation monétaire actuelles resteront probablement en place jusqu’à la fin de l’année au moins, compte tenu de l’absence de hausse durable de l’inflation  « core ». « Pour le second semestre, nous pourrions à nouveau voir les marchés intégrer dans les prix une normalisation accélérée de la politique monétaire de la BCE, en particulier si les données économiques américaines continuent de nous surprendre positivement. Toutefois, si les données indiquant une accélération de la croissance ne s’accompagnent pas d’une hausse des attentes d’inflation, ni d’une hausse de l’inflation fondamentale, la BCE pourrait décevoir les marchés en maintenant une politique d’attentisme », a-t-il ajouté.

Le pouvoir prédictif du « starting yield »

Cela dit, « les investisseurs devrait se focaliser moins sur les prochaines décisions des banques centrales et se concentrer plutôt sur le taux de rendement initial d’une obligation (starting yield en anglais) », explique Dan Kemp, directeur des investissements de Morningstar Investment Management Europe, dans une récente étude.

Le « starting yield » a été un facteur incroyablement puissant pour déterminer les rendements futurs des obligations d'État. Cela s'explique en partie par le fait que le risque de défaut est considéré comme très faible. Le graphique ci-dessous représente la relation entre le rendement initial et les rendements futurs depuis 1957 à aujourd'hui. Il comprend une vaste gamme de pays comprenant les États-Unis, le Royaume Uni, l'Allemagne, le Canada, l'Australie, la Belgique et l'Afrique du Sud.

Dans un environnement de taux d'intérêt historiquement bas, il est également très important de considérer l'effet de l'inflation. Si nous incluons l'inflation, ce qui permet une comparaison relative réelle, nous constatons rapidement une situation où les rendements potentiels pourraient être facilement négatifs au cours des 10 prochaines années.

Voilà pourquoi, sur le marché obligataire, les gérants de Morningstar Investment Management conservent une sous-exposition importante : le niveau des taux, toujours très bas, ne permet pas d’envisager une performance à long terme intéressante. Seules quelques poches, comme la dette émergente, restent encore attractives. Cliquez ici pour lire.

Obligations Internationales : le « Top 10 » du dernier mois

Dans ce contexte, les fonds de placement de la catégorie Obligations Internationales disponibles à la vente en France ont perdu 0,97% en moyenne au cours du mois écoulé (en euros, au 8 mai). Sur 304 fonds au sein de cette catégorie, 140 ont battu la moyenne et 29 ont affiché une performance supérieure à 1%, parmi lesquels les fonds listés dans le tableau qui suit.

En tête du classement, nous trouvons le fonds Invesco Global Unconstrained Bond Fund C Accumulation GBP, lancé en 2010 et qui investit en obligations internationales flexibles couvertes en livres sterling. Vient ensuite un autre fonds couvert, le Nomura Funds Ireland plc Global Dynamic Bond Fund I-ACCU-GBP Hedged, qui gère près de 106 millions d’euros. Enfin, pour clore le podium, le fonds JSS Insurance Bond Opportunities I EUR acc, créé en 2014, et investit dans des emprunts privés ayant une longue maturité.   

 

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A propos de l'auteur Valerio Baselli

Valerio Baselli  est éditorialiste de Morningstar en France et Italie.