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Les fonds d’allocation pénalisés par leur prisme européen

Les fonds diversifiés en euros ont connu un succès grandissant ces dernières années, mais beaucoup n’ont pas tenu leurs promesses.

Les fonds d’allocation ont connu un certain succès ces dernières années, avec un bond des encours de 612 milliards d’euros à 1.558 milliards entre 2012 et 2016 selon les données Morningstar.

Ce succès en termes de collecte ne s'est pas traduit par des performances satisfaisantes. Les investisseurs européens ont de quoi être déçus par les fonds d’allocation qui leur ont été proposés ces dernières années.

Entre janvier 2007 et décembre 2016, la performance médiane des fonds globaux d’allocation agressive a été de 2,54% par an. Les fonds d’allocation modérée et prudente ont produit des rendements similaires (respectivement 2,68% et 2,31% en rythme annualisé).

Les investisseurs n’ont donc pas bénéficié de la volatilité des fonds ayant une plus forte exposition aux actions.

La période a certes été marquée par une grande volatilité des marchés financiers. Mais en moyenne, les actions ont surperformé les obligations sur la période, et un indice composé de 75% d’actions (FTSE World TR EUR par exemple) et de 25% d’obligations (Bloomberg Barclays Euro Aggregate TR EUR) affiche une performance annualisée de 6,4%, 93 points de base au-dessus d’une allocation prudente (25% actions/75% obligations) qui a rapporté 5,47% par an en moyenne.

En outre, une bonne partie de la prime de risque a été mangée par les frais de gestion – lesquels sont 40 points de base supérieurs pour les fonds agressifs par rapport aux fonds prudents.

D’autres facteurs ont également joué pour expliquer ces performances décevantes. Le plus significatif est le biais en faveur des actions européennes pris par de nombreux gérants, même si ces derniers ont un mandat global.

Le poids de l’Europe dans les indices actions mondiaux est d’environ 20%, alors que les fonds d’allocation agressive domiciliés en Europe ont eu en moyenne une exposition plus proche de 40%. Or au cours des dix dernières années, les actions américaines ont largement surperformé les actions européennes – sans tenir compte même de la dépréciation de l’euro.

La période de 10 ans est marquée par la crise financière globale de 2008-2009, qui a pu avoir une influence importante sur les résultats décevants de la catégorie. Toutefois, une analyse plus fine montre que ce n’est pas le cas. Le fonds d’allocation médian a sous-performé son indice de référence chaque année entre 2007 et 2016, quelle que soit la catégorie considérée, avec une seule exception : le fonds médian de la catégorie Allocation Flexible EUR, qui bat son indice de 71 points de base en 2007.

En dehors de 2008, année durant laquelle la plupart des fonds des quatre catégories avaient relativement bien protégé le capital de leurs clients, ces mêmes fonds n’ont pas été en mesure de répliquer cette surperformance par la suite, en particulier pendant la crise de la dette en zone euro de 2011.

Lorsque l’on regarde les performances ajustées du risque, les ratios de Sharpe des différentes catégories montrent que si la prise de risque a été rémunérée sur des périodes de 3 et 5 ans, les performances ajustées du risque ont été bien meilleures parmi les fonds d’allocation les plus prudents.

L’exposition aux actions européennes explique également la moindre capacité de certains fonds d’allocation de protéger les investisseurs durant les phases de baisse des marchés. En effet, les actions européennes ont subi des pertes en capital (« drawdowns ») élevées, de l’ordre de 113% au cours des cinq années écoulées.

Ainsi, entre 2012 et 2016, les fonds globaux d’allocation agressive ont enregistré 86% des pertes de indices actions globaux alors qu’ils étaient exposés en moyenne à moins de 86% à la classe d’actifs.

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A propos de l'auteur Matias Möttölä, CFA

Matias Möttölä, CFA  est analyste et rédacteur de Morningstar.fi.