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Comment repérer un « mauvais » fonds obligataire

Il n’est pas difficile d’aller à l’essentiel si vous savez où regarder.

Eric Jacobson 23.01.2017

« Mauvais » est peut-être un peu fort. Mais il est difficile de pointer vers un ou deux facteurs et affirmer de manière crédible qu’à eux seuls ils permettent d’identifier un mauvais fonds. Toutefois, il y a des signaux d’alerte que les investisseurs peuvent suivre pour repérer les fonds qui ont plus de chances de décevoir que d’autres. La présence de l’un ou l’autre de ces facteurs peut justifier de regarder de plus près la performance d’un fonds. Si un fonds obligataire multiplie les signaux d’alerte, toutefois, il y a des chances pour qu’il soit tout simplement ignoré.

Le rendement

Paradoxalement, des rendements élevés ne sont pas une garantie de ne pas avoir d’ennui. Le rendement d’un fonds offre une idée du montant qu’un fonds paye à ses porteurs de parts sur la base d’un pourcentage annuel, rapporté au total des actifs sous gestion.

Le plus important à se rappeler, toutefois, est qu’il n’existe pas de repas gratuit. Il n’y existe pas de source de rendement supérieur sans prise de risque additionnel. Cela peut se traduire parfois par un événement de crédit, ou par le manque soudain de liquidité. Mais cela est toujours présent.

Et bien sûr, les fonds dont le rendement est le plus élevé attirent souvent l’attention des investisseurs. Essayez de ne pas vous faire attraper. Les fonds qui ont le plus de problèmes sont souvent ceux qui affichent le rendement le plus élevé. Il existe une corrélation élevée entre le rendement qu’a offert un fonds et ses performances décevantes en période de stress sur les marchés financiers. Par exemple, les fonds qui ont un rendement élevé à la fin de l’année 2007 ont souffert que les fonds à rendement plus faible au cours de la crise financière de 2008.

Concentration

Qu’est-ce qu’un fonds concentré ? L’exposition du fonds à un seul émetteur ? A un seul secteur ? A un seul Etat ? Oui. N’importe lequel des points évoqués ci-avant. Dans la plupart des cas, avoir trop d’une bonne chose n’est pas différent d’avoir tous vos œufs dans le même panier.

Lorsque les marchés se sont effondrés en 2008, par exemple, un nombre de fonds avaient une très forte exposition au secteur de l’immobilier commercial, et certains l’ont fait par le biais de produits dérivés qui ont été une plus grande source de difficultés que leurs gérants ne l’avaient anticipé.

Plus récemment, certains fonds de droit américain investis en dette municipale par exemple, ont accumulé une forte exposition à Puerto Rico avant que la dette du pays ne chute fortement cet été. Cela n’aurait pas semblé être un signal d’alerte il y a quelques années, mais tolérer une concentration élevée au regard de notes de crédit élevées – comme ceux obtenus par de les tranches subprime de nombreux crédits syndiqués avant la crise – a coûté cher à certains investisseurs.

Trop de levier

Il fut un temps où il n’était pas la peine de mentionner ce point. La règle d’or dans le passé était que les fonds mutuels ne devaient pas user de l’effet de levier. Ces années ont disparu. Ce n’est pas une raison pour paniquer, mais beaucoup de fonds utilisent l’effet de levier dans une certaine mesure, ce qui a été particulièrement remarqué pendant la crise financière.

De nombreuses personnes pensent que l’effet de levier est similaire aux appels de marge. Vous commencez avec un simple portefeuille, empruntez de l’argent et l’investissez pour augmenter l’exposition du fonds. Cette pratique amplifie vos gains mais également vos pertes, rendant votre portefeuille plus volatil. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi, mais plus vous utilisez de levier, plus vous prenez de risque. Il n’y a pas de règle pour dire quand on franchit la ligne jaune, mais dès que vous dépassez 10-15%, il est important de bien faire attention à ce que l’on fait.

Un portefeuille peut augmenter son levier en augmentant son exposition par le biais de produits dérivés, qui ne requièrent souvent peu voire pas d’argent supplémentaire. D’autres fonds prennent du levier en utilisant des dérivés adossés à des obligations de court terme comme contrepartie, avec l’objectif d’ajouter de faibles montants de risque pour un petit surcroît de performance.

Dans chaque cas, identifier l’effet de levier est difficile et les déclarations des fonds sont parfois difficiles à clarifier. Un moyen de regarder le sujet est de comparer le montant total des investissements au montant net des actifs gérés : si le ratio est supérieur à 1, cela signifie qu’il y a un effet de levier. Le levier obtenu via des produits dérivés est plus difficile à identifier, car ces produits sont aussi utilisés comme couverture. Le meilleur moyen de savoir quel est l’endettement du fonds est de poser la question. Si la réponse donnée n’est pas satisfaisante, cela constitue un signal d’alarme.

Le suspect habituel

Encore un autre sujet d’alerte. Les habitués des rapports Morningstar les connaissent déjà : il s’agit des frais. Cet élément vient en déduction de la performance d’un fonds, quoi qu’il arrive à votre portefeuille. En ce qui concerne les fonds obligataires, la présence de frais élevés peut être insidieuse.

Les investisseurs jugent leurs options sur la base du rendement après que les frais ont été pris en considération. Les gérants qui doivent faire face à des ratios de frais élevés sont pénalisés, car ils partent avec un train de retard. Si vous êtes en retard sur le reste de l’industrie, il peut être tentant de prendre plus de risque pour ne pas être distancé. Et nous avons déjà vu où cette tentation peut conduire.

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A propos de l'auteur

Eric Jacobson  Eric Jacobson is Morningstar's director of fixed-income research and an editorial director for mutual fund content.