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Comment améliorer votre sélection de fonds

La plupart des investisseurs achètent et vendent des fonds au mauvais moment. Voici quatre règles qui peuvent aider à améliorer votre retour sur investissement.

Jonas Lindmark 28.10.2016

L’étude de Morningstar sur l’écart entre la performance des gestionnaires d’actifs (« Total Return ») et la performance des investisseurs (« Investor Return ») montre qu’en moyenne, les investisseurs européens perdent de l’argent inutilement.

Ils tendent à acheter et vendre les parts de fonds au mauvais moment si bien que l’argent investi rapporte moins que la performance affichée par les fonds. Cet écart de performance atteint 34 points de base par an sur les cinq dernières années, pour l’ensemble des fonds distribués en Europe.

La raison est que les investisseurs tendent à sélectionner un fonds de la même façon qu’ils choisissent une équipe de sport ou considèrent la qualité d’un produit, l’idée étant que le gagnant d’hier sera celui de demain. Mais les titres financiers et les fonds se comportent différemment, les gagnants d’hier ayant tendance à être les perdants de demain.

Il est toutefois possible de limiter les dégâts en suivant quatre règles simples.

Résister aux sentiments de peur et d’avidité

Les fluctuations des marchés financiers sont amples et parfois très brutales. Elles reflètent l’état des émotions des investisseurs, qui se laissent entraîner par les comportements moutonniers et peuvent passer d’un état d’euphorie et d’avidité au fur et à mesure que les marchés montent, à une phase de panique et de peur quand les phases de baisse perdurent.

Cela est amplifié par la diversité des intervenants en Bourse et de la présence de spéculateurs et d’acteurs ayant un horizon d’investissement relativement court, lequel peut contribuer à la volatilité des marchés.

Or lorsque ces mouvements de peur ou d’avidité s’emballent et portent les marchés respectivement sur des plus hauts ou des plus bas, il est de bon ton d’aller à l’encontre de la foule et d’acheter au plus bas pour vendre au plus haut. Cela est malheureusement plus difficile à faire qu’à dire et requiert à la fois une grande discipline et surtout d’avoir un avis sur la valeur des actifs dont les prix fluctuent en Bourse (bref d’avoir une approche fondamentale et orientée vers la valeur).

Eviter les fonds les plus cher ou les plus spécialisés

Si vous souhaitez investir dans un fonds cher, assurez-vous d’abord d’où vient la surperformance du fonds : est-elle seulement liée à la détention de titres récents qui ont bien fonctionné ou reflète-t-elle un process d’investissement capable de créer de la valeur pour l’investisseur que vous êtes sur le long terme ?

Une bonne raison d’investir dans un fonds qui pratique des frais conséquents est de s’assurer que le gérant est capable de faire mieux que la concurrence dans les phases de baisse des marchés, c’est-à-dire de mieux protéger le capital que ses concurrents, soit en ayant une bonne gestion du risque ou en étant mieux capable que ses rivaux d’acquérir des titres fortement décotés.

Après un long marché haussier, s’intéresser aux fonds les plus chers peut s’avérer risqué. Il est important de se rappeler que le prix d’achat d’un actif financier détermine en grande partie son rendement futur.

Epargner sur le long terme et éviter de « faire tourner » les portefeuilles

Entrer et sortir des fonds peut être amusant, mais cela coûte cher et surtout cela dilue la performance sur le long terme. Il est donc pertinent d’évaluer les fonds sur un horizon d’investissement long et d’allouer l’épargne sur des fonds déjà sélectionnés plutôt que de chercher de nouvelles idées.

Parfois des changements significatifs peuvent survenir au sein d’une société de gestion, avec le départ d’un gérant vedette ou la fusion de différents produits, mais dans la plupart des cas. Mais dans la plupart des cas, les meilleurs gérants ou les fonds les moins chers changent assez peu d’une année sur l’autre.

Rebalancer un peu

Une manière de tirer parti de l’évolution des marchés est de revenir à son allocation originale, c’est-à-dire de « rebalancer ». Supposons que vous avez décidé que pour le niveau de risque que vous tolérez, un portefeuille investi à 50% dans un fonds actions et 50% dans un fonds obligataire (crédit par exemple) vous convient.

Après quelques mois, les variations des cours de Bourse, des taux d’intérêt, et l’humeur générale du marché font que le profil de risque de votre portefeuille a changé.

Si le marché actions a chuté de 20% tandis que les obligations se sont appréciées de 20%, votre allocation a changé pour devenir 40% actions/60% obligations. Le risque global du portefeuille a été réduit, mais il peut être restauré en prenant votre profit sur la poche obligataire et réinvestir cet argent dans la poche actions.

Vous n’avez pas besoin de rebalancer régulièrement, car il faut laisser du temps au temps. En outre, il faut d’importantes variations des composantes du portefeuille pour que le profil de risque change de manière dramatique. Rebalancer une ou deux fois dans l’année devrait en général suffire.

 

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A propos de l'auteur

Jonas Lindmark  har siden 2000 vært redaktør og analysesjef for Morningstar.se. Før det skrev han om fond i 9 år for Affärsvärlden