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Millennials, la retraite n’est pas un mirage

La majorité des personnes entre 18 et 35 ans sont conscientes qu’elle n’auront pas une retraite appropriée. Pourtant très peu de jeunes investissent dans une retraite complémentaire.

Valerio Baselli 05.10.2016

Ceux qui ont entre vingt et trente-cinq ans ont généralement beaucoup de projets en tête et la retraite, normalement, n’en fait pas partie. C’est compréhensible, et pourtant pas souhaitable. La génération des « millennials » (c’est-à-dire les personnes nées entre 1981 et 1999) devra tôt ou tard faire face au défi d’une retraite publique de plus en plus faible.

Partout dans le monde, les jeunes s’attendent à devoir travailler plus longtemps que leurs parents. La société de travail temporaire Manpower a interrogé les jeunes adultes dans 18 pays sur leurs attentes concernant le travail et la retraite. Les résultats suggèrent que la jeune génération de travailleurs est assez pessimiste pour l’avenir.

Selon une étude de l’institut CSA menée pour le Cercle de l’Epargne et présentée en avril 2016, les Français âgés de moins de 35 ans sont très préoccupés par le montant de leur future retraite et comptent sur leur épargne pour maintenir leur pouvoir d’achat.

Ils sont pessimistes et veulent agir individuellement, contrairement aux générations précédentes, pour pouvoir financer leur retraite. Un jeune sur quatre entend épargner régulièrement sur un produit dédié à la retraite.

Avec les réformes des retraites qui ont été appliquées au cours de ces dernières années afin de sauver le système par répartition, le niveau des pensions de retraite s’amenuisent peu à peu. Conséquence, les moins de 35 ans ne se font plus guère d'illusions : seulement 43% d'entre eux estiment qu'ils disposeront de ressources suffisantes pour vivre correctement, une fois à la retraite. Ce score fait de cette tranche d'âge la plus pessimiste quant à l'évolution de son pouvoir d'achat lorsque ses vieux jours seront arrivés.

La perte de confiance des jeunes dans le système de retraite par répartition - selon lequel les cotisations des actifs financent les pensions de ceux qui ne travaillent plus - est devenue telle qu'ils privilégient désormais des stratégies individuelles pour financer leur retraite.

La question ne concerne pas seulement la France, mais une grande partie du monde occidental. Si les jeunes sont conscients du fait qu'ils ne pourront pas compter sur le même traitement réservé à leurs parents (les « baby boomers »), ils se montrent très découragés au sujet de leur capacité à construire une retraite complémentaire.

Une étude publiée par Wells Fargo affirme que 41% des « millennials » n'a pas encore commencé à épargner pour la retraite. 64% d’entre eux, affirme de ne pas gagner assez pour être en mesure de se permettre de renoncer à une partie de son salaire aujourd'hui pour quelque chose qui va se passer dans 40 ans. Et, selon l'analyse, les pourcentages augmentent si l'on ne tient compte que des femmes.

La ressource la plus précieuse : le temps

Pourtant, être en mesure de mettre de côté même une petite partie de son salaire depuis sa jeunesse peut faire la différence.

« En réalité, les millennials épargnent, y compris ceux avec moins de ressources, mais ils le font avec d'autres objectifs, surtout, s’acheter un logement, et souvent en utilisant des outils inefficaces, tels que le fait de laisser simplement l’argent en banque », estime Tony Stenning, responsable du retail au Royaume-Uni chez BlackRock, récemment interviewé par Morningstar.

« Le vrai problème est qu'ils ne profitent pas de la seule chose qu’ils ont en abondance : le temps. Comme l'a dit Einstein, il faut exploiter la force de l'intérêt composé, même si le montant initial est minime ». Et puis, le fait de disposer de 30 ou 40 ans, permet de ne pas avoir à se soucier trop de la volatilité du marché.

« En outre, ceux qui peuvent, devrait certainement tirer parti de ces produits qui offrent également l’abondement de l’employeur (en France, les Plans d’épargne retraite collectif – PERCO ; Ndlr) », a continué Tony Stenning. « Cela, avec les avantages fiscaux, constitue de véritables ‘cadeaux’ qu’il ne faudrait pas rater ».

Combien faut-il épargner ?

Au cours des dernières années, beaucoup de recherches ont été effectuées sur le montant que les jeunes devraient épargner afin de se garantir une vie post-travail qui soit digne. Les prévisions plus optimistes avancent le chiffre de 7% du salaire environ, tandis que d’autres indiquent des chiffres beaucoup plus élevés.

Par exemple, le portail financier américain NerdWallet a récemment publié une analyse selon laquelle un employé âgé de 25 ans qui gagne 40.000 dollars par an devrait économiser 22% de son salaire, en supposant un rendement annuel moyen sur investissement de 5% et une augmentation moyenne du salaire de 2% chaque année.

« C’est un pourcentage très élevé, presque impossible pour quelqu’un âgé de 25 ans, et des objectifs d’une telle ampleur qu’ils peuvent faire peur », estime David Blanchett, responsable de la recherche sur les retraites chez Morningstar Investment Management.

D’après lui, en tenant compte de l’abondement de l’employeur et en supposant des rendements sur investissement moyennement bas, un jeune homme dans la même situation pourrait atteindre les mêmes objectifs tout en économisant 14% de ses revenus. « Ce qui est certainement beaucoup plus que ce que les millennials épargnent actuellement, alors que la médiane du groupe est de 3% », conclue-t-il.

Certes, aux Etats-Unis la pension publique pèse environ un tiers de la retraite totale, parfois moins. Les taux d'épargne en Europe devraient donc être revus (légèrement) à la baisse. Toutefois, l'approche générale est la même : plus on épargne tôt, mieux c’est.

Les différentes options

Ce constat devrait inciter les jeunes générations à mieux préparer leur départ afin de toucher des revenus suffisants pour leurs vieux jours. Mais malgré la prise de conscience de l’importance de ce type d’épargne, les produits dédiés ne sont évoqués que par 3 % des jeunes actifs.

Parmi les choix disponibles, l’assurance-vie est un support très adapté pour les jeunes de 18 ans à 30 ans qui veulent préparer leur retraite, grâce à sa souplesse et sa taxation. Il est également possible de choisir un Plan d’Épargne en Actions (PEA) afin de profiter d’une exonération d’impôt sur les gains après 5 ans (contre 8 ans pour l’assurance-vie). Comme déjà indiqué, les salariés qui peuvent bénéficier d’un Plan d’épargne retraite collectif (PERCO) au sein de leur entreprise devraient y adhérer dans leur intérêt : en effet, avec l’abondement de l’employeur, les gains sont plutôt intéressants sur le long terme.

Cela dit, beaucoup dépend aussi du profil de risque choisi. En effet, la rentabilité à long terme de ces instruments est intéressante si le jeune épargnant ose investir une bonne partie de son épargne sur des actions et d’autres marchés financiers. Il est ensuite possible de réduire le niveau de risque au fil des années en revenant progressivement sur un contrat mono-support avec les fonds en euros.

Ce qui n'est pas gagné : les trentenaires n'aiment pas davantage le risque que leurs aînés. D’après la recherche de CSA, 4% seulement des moins de 35 ans considèrent que les actions représentent le meilleur produit d'épargne, leur préférant les livrets bancaires (38%), les PEL et CEL (Plan épargne logement et Compte épargne logement, 30%), ou encore l'assurance-vie (22%).

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A propos de l'auteur

Valerio Baselli

Valerio Baselli  est éditorialiste de Morningstar en France et Italie.

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