Actions européennes : pas vraiment de décote

Les actions européennes suivies par les analystes Morningstar se traitent avec une décote médiane de 5%. Pas de quoi justifier un retour massif sur la classe d’actifs sans rebond soutenu des profits.

Jocelyn Jovène 30.03.2016
Facebook Twitter LinkedIn

Warren Buffett avait une fois de plus raison. Son célèbre adage « Ayez peur quand tout le monde est avide ; soyez avide quand tout le monde a peur » a produit des résultats plutôt satisfaisants pour l’investisseur qui a osé s’exposer aux actions européennes mi-février.

Depuis le point bas du 12 février, l’indice Stoxx Europe 600 a bondi de 7% (sur la base des cours relevés au 25 mars). A cette date, la décote de valorisation par rapport aux estimations de valeur intrinsèque des analystes Morningstar était de 15%.

Mais depuis le rebond opéré par les marchés, cette décote s’est sensiblement réduite pour ne plus être que de 5%.

European Undervalued Stocks 201601330

Source : Morningstar.

Autrement dit, au cours actuel, un nombre moins important de titres offre une « marge de sûreté » suffisante pour protéger l’investisseur du risque actions et espérer ensuite en retirer un rendement satisfaisant sur le moyen ou le long terme.

Après le rebond récent des marchés, il semble d’autant plus nécessaire d’être prudent que d’une part, les flux de capitaux sortent de la classe d’actifs depuis plusieurs semaines, et que d’autre part, les anticipations de croissance bénéficiaire ont été fortement revues à la baisse.

Si l’on ne regarde que l’Euro Stoxx, qui ne comprend que des valeurs de la zone euro, les analystes tablent sur une croissance de 5,3% des bénéfices par action des sociétés cotées. Lorsque l’on regarde les sociétés européennes au sens large (incluant le Royaume-Uni, la Suisse, les pays nordiques), leurs profits ne devraient progresser que de 1,4% cette année.

Ces rythmes sont insuffisants pour combler le gap avec les actions américaines, qui bénéficient d'une prime de valorisation.

La rentabilité des entreprises européennes devrait s’améliorer dans les années à venir, sans toutefois retrouver rapidement les niveaux observés avant crise. L’écart de rentabilité entre les sociétés européennes et américaines est d’ailleurs toujours significatif : la rentabilité des fonds propres est attendue cette année à 15,5% pour l’indice S&P 500 et 10,6% pour l’indice Stoxx Europe 600.

Dans un environnement mondial où la visibilité sur la vigueur de la reprise économique est faible et où les banques centrales continuent de jouer un rôle majeur pour éviter le retour du risque systémique, les investisseurs doivent se montrer particulièrement vigilants dans leur sélection de titres ou de gérants.

 

Facebook Twitter LinkedIn

A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est analyste financier senior et rédacteur en chef de Morningstar France.