Goldman Sachs plus positif pour le risque à 12 mois qu’à 3 mois

Les actions offrent toujours le meilleur couple rendement-risque selon la banque, mais à court terme, cette dernière privilégie le crédit.

Jocelyn Jovène 10.12.2015

Goldman Sachs estime que les investisseurs devront se montrer prudents à l’égard des classes d’actifs risquées au cours des trois prochains mois, en raison du risque liés à un surcroît de volatilité et à une nouvelle glissade des prix du pétrole.

« Nous pensons que les rendements obligataires vont s’accroître et qu’ils pèseront sur les obligations. A court terme, nous pensons que le risque de baisse des obligations est limité et demeurons neutres sur les obligations et également neutres sur les actions », écrit la banque dans une note datée du 9 décembre.

La banque voit la croissance de l’économie mondiale à 3,5% en 2016 après 3,2% en 2015, grâce à la stabilisation de l’activité économique dans les pays émergents et à une « légère accélération » au Japon et en Europe. L’activité économique aux Etats-Unis décélèrerait vers 2,3% l’an prochain contre 2,5% cette année.

Goldman Sachs s’attend à ce que la politique monétaire s’assouplisse encore en Europe et au Japon et que le rythme de resserrement monétaire outre-Atlantique soit très modéré – une vue largement partagée par le consensus.

Pour limiter les risques de déception et de ralentissement des résultats sur les classes d’actifs les plus chèrement valorisées, comme les actions américaines, la banque recommande l’utilisation de protections.

Elle s’inquiète également de l’augmentation de la corrélation entre classes d’actifs (actions et obligations) qui pourrait entraîner de nouveaux chocs sur les marchés l’an prochain. L’autre grand risque est une nouvelle baisse importante du cours du pétrole, en raison des surcapacités du côté de l’offre.

Ces risques, s’ils se matérialisent, auraient des conséquences fâcheuses pour les actifs risqués, en particulier le haut rendement américain, qui a déjà connu en 2015 un écartement des spreads de crédit.

Le dernier risque majeur pour les marchés est la poursuite de la décélération de l’économie chinoise et son onde de choc sur les devises et les actions émergentes – deux classes d’actifs contre lesquelles la banque recommande de prendre des protections à travers des produits dérivés.

A un horizon de 3 mois, le crédit est la seule classe d’actifs surpondérée par la banque dans son allocation modèle, en raison de l’écartement des spreads. Ces spreads devraient se resserrer si le risque de récession aux Etats-Unis s’atténue ou disparaît, estime la banque.

A un horizon de 12 mois, Goldman Sachs maintient une surpondération des actions et du crédit. Les multiples de valorisation des actions devraient peu s’apprécier l’an prochain avec une croissance « modérée » des profits des entreprises. « L’exception sera le Japon où nous attendons une expansion des marges et la croissance des chiffres d’affaires entraîneront une croissance solide des résultats et une performance à deux chiffres », explique les stratégistes de la banque.

L’Europe est également surpondérée en raison d’une croissance résiliente, d’une politique monétaire accommodante et de la faiblesse durable de l’euro.

Dans l’univers des devises, la banque fait, comme le consensus, le pari d’une appréciation du dollar, mais plus limitée que cette année. Compte tenu de la divergence des politiques monétaires, l’euro et le yen devraient s’affaiblir face au billet vert.

A un horizon de 12 mois, les actions devraient rapporter 8,9% avec un bond de 11,8% de l’indice Stoxx Europe 600 et de 16,7% pour le TOPIX. Les obligations d’entreprises à 5 ans rapporteraient 1,7% avec une surperformance pour le haut rendement américain (4,9%).

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A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est le rédacteur en chef de Morningstar France.

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