Le « strategic beta » connaît une croissance soutenue

Le succès des « ETF avancés » attire des capitaux et de nouveaux acteurs. Les stratégies à rendement sont les plus recherchées.

Jocelyn Jovène 02.10.2015
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Depuis la publication de la première étude globale de Morningstar sur le « strategic beta », l’an dernier, ce segment du marché de la gestion passive a continué de rencontrer un vif succès auprès des investisseurs.

Selon les données de Morningstar, l’offre de « strategic beta » comportait au 30 juin 844 ETP pour 397 milliards de dollars d’actifs sous gestion.

Cette croissance masque toutefois d’importantes disparités entre régions, puisqu’aux Etats-Unis ces produits représentent 21,2% de l’ensemble des ETP contre seulement 2,9% en Asie-Pacifique.

En Europe, le strategic beta regroupe a vu son encours croître d’un peu plus de 18% à 32,1 milliards de dollars.

La croissance de ce segment de marché repose à la fois sur une collecte positive - près de 97 milliards de dollars dans le monde, dont 84 milliards aux Etats-Unis, du lancement de nouveaux produits, mais aussi de l’irruption de nouveaux fournisseurs d’ETP « strategic beta ».

Avec 450 milliards de dollars, les Etats-Unis restent le plus gros marché au monde pour le « strategic beta » - un marché de surcroît dominé par 3 acteurs – iShares, avec une part de marché de 37,1%, Vanguard (20,3%) et WisdomTree (13,2%).

Ces 3 acteurs gèrent en effet les plus gros ETF strategic beta du marché américain : iShares Russell 1000 Growth (29,4 milliards de dollars), iShares Russell 1000 Value (25,9 milliards), Vanguard Dividend Appreciation ETF (19,8 milliards), Wisdom Tree Europe Hedged Equity ETF (19,8), Vanguard Growth ETF (18,8), Vanguard Value ETF (18,3).

Sur le marché européen, iShares est également l’acteur dominant avec 37% de parts de marché, mais ses challengers sont plus variés, puisque l’on retrouve SPDR (9,5% de part de marché), db X-trackers (6,8%), Lyxor (6,5%), Source (5,6%) ou Ossiam (5,2%).

Que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe, le « strategic beta » est surtout recherché comme une source de rendement – une préférence logique dans un monde où les taux d’intérêt sont proches de zéro, les craintes de déflation sont toujours présentes et où la croissance économique est incertaine partout (sauf peut-être aux Etats-Unis).

L’autre tendance marquée est celle de la baisse continue des frais de gestion. En Europe, les frais ont reculé à 0,39% en moyenne contre 0,44% un an auparavant.

 

 

 

 

Morningstar définit le « strategic beta » comme un ensemble d’indices ou d’ETP ou d’autres fonds dont l’objectif de gestion est de maximiser le rendement ou de minimiser le risque par rapport à des indices traditionnels pondérés par la capitalisation boursière. Ces produits se situent à mi-chemin entre gestion « active » et gestion « passive ».

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A propos de l'auteur

Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est analyste financier senior et rédacteur en chef de Morningstar France.