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Grèce : les marchés n’intègrent pas encore le scénario du pire

Les investisseurs font preuve d’une relative complaisance face au risque d’un défaut.

Jocelyn Jovène 17.06.2015

Plus le temps passe, et plus les discussions entre la Grèce et ses créanciers (FMI, Union Européenne) semblent dans l’impasse, même si la Grèce a accepté un certain nombre de compromis toujours jugés insatisfaisants par ses partenaires.

Les investisseurs n’aiment pas l’incertitude et depuis le point haut de la mi-avril, les marchés européens sont sous pression (-4% sur 3 mois pour le Stoxx Europe 600 et -3% en un mois) tandis que l’indice de volatilité VSTOXX a bondi de 44% en 3 mois dont 30% au cours du seul mois écoulé, se rapprochant des niveaux de stress observés sur les marchés en octobre dernier.

Pourtant, à en croire, les experts d’UBS dans une note datée du 16 juin, le marché n’a pas totalement intégré le risque d’un défaut grec. Ces experts, comme d’autres, fixent à 40% la probabilité d’un défaut grec, mais espèrent, comme beaucoup d’investisseur, qu’un accord de dernière minute sera trouvé.

A ce stade toutefois, si la Grèce peut se permettre de ne pas rembourser à la date prévue le FMI (cas du report du paiement d’une échéance de 1,6 milliard d’euros en juin), l’échéance du 20 juillet concerne elle des porteurs d’obligations externes, pour des montants plus significatifs (4,1 milliards d’euros).

Toutefois, que se passerait-il en cas de défaut ? Pour UBS, « en premier lieu les banques de la périphérie, les marchés obligataires périphériques et (peut-être dans une moindre mesure), l’euro sont susceptibles de corriger à court terme, car les marchés ne reflètent pas la probabilité d’une aggravation des principaux facteurs de risque. »

Dans une note datée elle aussi du 16 juin, les économistes d’Exane BNP Paribas s’attendent à la prise par les autorités grecques de mesures défavorables aux investisseurs (contrôle des capitaux) qui entraineraient à court terme une envolée des taux, et amplifieraient l’état de crise sur les marchés en relançant l’idée d’une contagion systémique au reste de la zone euro.

De fait, le rendement à 10 ans du Bund n’a cessé de monter depuis 3 mois, tout comme l’euro. La baisse des marchés actions reste mesurée à ce stade, preuve d’une relative complaisance des investisseurs.

Le risque de surprise est d’autant plus grand que les investisseurs ne s’y préparent pas. Certains semblent le faire en achetant des protections, mais combien se préparent à saisir de nouvelles opportunités si la panique se matérialisait ?

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A propos de l'auteur Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est le rédacteur en chef de Morningstar France.