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Vu, entendu à l’AG de Berkshire Hathaway

38.000 actionnaires sont venus à Omaha écouter Warren Buffett et Charlie Munger. Verbatim.

Jocelyn Jovène 05.05.2014

Source: post sur Twitter de Justin Hewett

38.000 personnes, selon un compte non officiel, sont venues samedi 3 mai écouter Warren Buffett et Charlie Munger à Omaha (Nebraska) lors de l’assemblée générale de Berkshire Hathaway. Voici quelques faits, chiffres et paroles entendues lors de ce « Woodstock du capitalisme ».

Premier arrivé

Selon l’Omaha World-Herald, comme chaque année, Jeffrey Bates, un conseiller financier de Nashville, s’est présenté à la porte d’entrée du CenturyLink Center à 2h30 du matin (l’ouverture des portes ayant eu lieu à 7h00). Bates assistait à sa quatorzième édition et était venu avec 23 de ses clients.

En famille

Certains font le voyage en famille et la tradition de venir à Omaha passe de génération en génération. C’est le cas d’Andrew Holm, 13 ans, venu avec son père et son grand-père (ce dernier a assisté à 15 AG de Berkshire Hathaway).

De fait, de nombreux couples de tous âges viennent à l'AG, parfois avec leurs enfants, de tous âges également.

Autour de l’AG

Avant l’ouverture officielle de l’assemblée générale, les actionnaires de Berkshire Hathaway peuvent venir faire des affaires. La plupart des divisions du groupe tiennent stand en marge de l’AG pour présenter leur activité, et aussi pour vendre des produits créés pour l’occasion. Parmi les stands pris d’assault, celui de Fruit of the Loom, un fabricant de T-Shirts, dont le verso de l’édition 2014 porte l’inscription : « You do smart things. You eventually get very rich » (« Si vous faites des choses de manière intelligentes, vous finirez par devenir riche »).

A 8h30, les actionnaires de Berkshire Hathaway se rendent soit dans l’arène principale, soit dans des salles adjacentes au sein du centre.

Pendant environ une heure, ont été diffusés alternativement des publicités des différentes marques du groupe (comme celle-ci de l’assureur automobile Geico ou cette autre pour Coca-Cola) et des films créés pour l’événement avec quelques célébrités (Jimmy Fallon, une reprise de "My Way" avec Paul Anka…).

Questions-réponses

Puis vers 9h30, la séance des questions a été ouverte, les questions venant alternativement d’un des trois journalistes présents, puis d’un des trois analystes, puis de l’assistance (11 micros déployés dans l’arène centrale et une salle adjacente). Voici quelques citations organisées par thèmes.

Sur la performance de Berkshire Hathaway

Warren Buffett évalue sa performance de dirigeant et d’investissement en comparant la croissance de l’actif net par action de Berkshire Hathaway à celle du S&P 500 dividendes réinvestis (son historique est disponible en première page du rapport annuel chaque année). Il avait également indiqué qu’il comptait battre son « benchmark » sur une période de 5 ans, ce qui n’a pas été le cas au cours des 5 dernières années. L’explication, selon Buffett, est que BRK a tendance à être en retard lorsque les marchés progressent rapidement comme cela a été le cas entre 2009 et 2013.

Buffett : « Au cours d’un cycle, nous surperformerons, mais cela n’est pas garanti. »

Munger : « Nous devrions nous rappeler que le standard dont Warren parle [pour mesurer la performance de Berkshire Hathaway, c’est-à-dire l’actif net par action] est publié après impôts. Les indices ne paient pas d’impôts. Warren a fixé un standard outrageusement difficile [à battre]. Si  cela est un échec, j’en veux davantage. »

Un actionnaire a d’ailleurs demandé s’il n’était pas bizarre de comparer l’évolution de l’actif net à un indice. Ce à quoi Charlie Munger a déclaré : « La réponse est que vous avez totalement raison, et la réponse est que Warren veut se rendre la vie difficile. (…) Cela n’a aucun sens, vous avez raison. »

Un autre actionnaire s’est interrogé sur la capacité de BRK de continuer à surperformer compte tenu de sa taille.

Buffett : « Sans aucun doute, la taille pénalise la performance… Si nous continuons à investir des milliards et que ces sommes valent plus que ce que nous engageons, nous continuerons à le faire. »

Le style de management de Berkshire Hathaway

L’acquisition de H.J. Heinz début 2013 pour 23 milliards de dollars a été réalisée avec le fonds d’investissement brésilien 3G Capital. Berkshire Hathaway a apporté les fonds pour racheter Heinz tandis que 3G s’occupe de la gestion de la société.

Buffett : « Je ne crois pas que notre approche et celle de 3G se mélangent facilement. Je pense que 3G fait un travail remarquable dans la gestion de l’entreprise. Aucun doute que nous ne faisons pas les choses de la même façon. Je pense que nous aurons d’autres occasions de nous associer à 3G, et je pense que nous serons susceptibles de bondir sur d’autres opportunités. »

Munger : « Je ne pense pas que nous ayons jamais eu une politique qui aime trop embaucher. »

Une question sur les points faibles du groupe a reçu les réponses suivantes :

Buffett : « Un point faible évident pour moi serait que je suis lent à changer de personnel. J’apprécie les managers que nous avons. (…) [Charlie et moi] pensons que nous donnons à nos managers le degré de liberté qui fonctionne bien pour nous-mêmes. »

Munger : « Selon les standards dans le reste du monde, nous faisons trop confiance. Mais cela – cette culture d’une confiance méritée – fonctionne. »

Sur la taille et la diversité de Berkshire Hathaway

La question est revenue souvent : comment s’assurer que la relève de Buffett et Munger sera à la hauteur au regard de leur historique de performance ? Et que la diversité des métiers de Berkshire Hathaway continuera de produire des résultats en croissance sur le long terme ?

Buffett : « Je pense que ce modèle [une diversité d’activités] a bien fonctionné pour l’Amérique si vous regardez le Dow Jones Industrials comme une seule entité. Détenir un groupe ‘entreprises solides n’est pas un mauvais business plan. Je pense que notre business plan a du sens, de détenir un ensemble de sociétés formidables, des dirigeants hors du commun, capitalisés avec prudence, avec un avantage considérable que peu de gens comprennent : le capitalisme, c’est l’allocation du capital. Nous avons un système chez BRK où nous  pouvons allouer le capital sans conséquences fiscales. »

A une question demandant de séparer BRK en quatre entités qui seraient cotées séparément :

Buffett : « Nous perdions beaucoup de valeur si nous devions éclater le groupe en quatre sociétés. Nous perdrions des avantages sous formes de taxes et de cash-flows. Berkshire vaut plus aujourd’hui tel qu’il est constitué que sous quelle qu’autre forme que je puisse concevoir… Cela constituerait une erreur monumentale. »

Sur les acquisitions

Munger : « Nous sommes obligés compte tenu de nos succès passés d’aller vers des acquisitions de taille plus importante. Je pense que nous avons su nous adapter au fil du temps à des circonstances changeantes. Puisque le changement est inévitable, votre faculté d’adaptation est très importante. »

Buffett : « [Pour avoir la confiance des dirigeants des sociétés que nous rachetons], nous gardons notre parole et nous sommes prudents sur les promesses que nous faisons. Nous promettons aux dirigeants qu’ils continueront à gérer leur entreprise. (…) Pour une entreprise familiale, certaines personnes s’inquiètent de l’endroit où ira leur société. Nous avons un atout unique à Berkshire. Tant que nous agissons de façon appropriée, nous le maintiendrons. »

Sur la taille des acquitisions

Buffett : « Berkshire a plus de 40 milliards de dollars de capital, et a l’intention de ramener cela à 20 milliards. Charlie et moi nous nous concentrons sur les acquisitions et laissons les gérants de portefeuille s’occuper d’acheter des actions. »

« Les gens pensent que nous ne pensons qu’à acheter des titres. Ce qui nous intéresse réellement c’est trouver des entreprises que nous voulons racheter car elles s’intègrent bien dans Berkshire et qui nous rapporterons de l’argent dans les années à venir. »

Autres citations

Buffett : « Personne ne sait ce qu’est le coût du capital. Le vrai test, c’est de savoir si le capital produit plus que la valeur d’un dollar dans le temps. »

Munger : « Le cash est roi s’il est utilisé, dans le cas contraire, c’est la chose la plus stupide à détenir. »

Buffett : « Nous ne sommes pas dans une situation de bulle mais la situation est inhabituelle. »

Buffett : « Les entreprises américaines vont bien : regardez leurs résultats ou le niveau de rentabilité. »

Nota

La plupart des citations ont fait l'objet d'une retranscription dans l'édition dominicale du Omaha World Herald, puis ont été sélectionnées et traduites par nos soins.

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Valeurs citées dans l'article
NomValeurVariation (%)Morningstar Rating
Berkshire Hathaway Inc B144,60 USD0,17
Berkshire Hathaway Inc Class A216 805,00 USD0,23
A propos de l'auteur Jocelyn Jovène

Jocelyn Jovène  est le rédacteur en chef de Morningstar France.