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Perspectives économiques pour le 4è trimestre

A l’image d’un paquebot, l’économie américaine est délicate à manœuvrer, pour le meilleur ou le pire.

Robert Johnson, CFA 27.09.2013
  • L’économie américaine faite face à la hausse des taux d’intérêt, avec une croissance molle, mais régulière et une inflation modérée.
  • Les économies européenne et chinoise se redressent pendant que les économies émergentes s’enfoncent dans les difficultés.
  • Derrière le redémarrage américain, nos analystes pointent des changements dans les modèles économiques.

 

Nouvelles prévisions

Nos prévisions pour 2013 ont été légèrement ajustées, tandis que les prévisions pour 2014 pour l’économie américaine sont assez peu éloignées de celles pour 2012 et 2013.

Le principal enseignement de l’observation de l’économie américaine est qu’elle ressemble à un navire au long cours, incapable de changer de cap rapidement et maintenant sa vitesse et sa trajectoire de manière constante. Le choc nécessaire pour faire bouger l’économie est plus important que ce beaucoup pouvaient anticiper il y a 3 ou 4 ans. L’économie américaine a traversé plusieurs tempêtes, des prix de l’essence volatils et de nombreux arrêts de programmes gouvernementaux sans changer de rythme d’évolution.

La propension des consommateurs américains à dépenser le moindre dollar gagné, des salaires horaires évoluant peu et une évolution atone de la consommation malgré l’environnement économique peu porteur ont contribué à la stabilité de la croissance économique.

Que s’est-il passé au troisième trimestre ?

L’économie a été stable dans l’ensemble, mais le troisième trimestre a néanmoins apporté son lot de surprises. Du côté des bonnes nouvelles, l’Europe semble enfin  être sortie de récession, la croissance du deuxième trimestre étant ressortie positive pour la première fois depuis 2011. De nombreux économistes pensaient que la récession durerait tout au long de 2013. La production industrielle et les enquêtes d’achats semblent indiquer une poursuite de l’amélioration en septembre.

Egalement, l’activité industrielle semble repartir aux Etats-Unis, en Chine et en Europe. Les ventes d’automobile et la production du secteur y ont contribué, tout comme la reconstitution de certains stocks et l’amélioration du sentiment du consommateur.

L’économie s’adapte à  la hausse des taux

Du côté négatif, la hausse des taux d’intérêt s’est poursuivie durant la plupart du trimestre. Le 10 ans américain a approché la barre de 3% mi-septembre avant de reculer après la décision de la Fed de ne pas réduire tout de suite ses achats d’actifs.

Il est peut-être trop tôt pour se prononcer, mais la hausse des taux ne semble pas avoir dérayer la reprise. Bien que la Fed ait changé d’attitude, les taux sont sensiblement plus élevés que le trimestre précédent et ne devraient plus revenir vers leurs plus bas. Le marché sait que bien que retardé, l’action de réduction des achats d’actifs par la Fed interviendra bien un jour. A terme, nous pensons que le 10 ans américain devrait s’installer durablement entre 3% et 4%, et que le « tapering » devrait débuter dans 3 à 4 mois.

L’immobilier et les émergents subissent la hausse des taux

Les ventes de logements neufs et le nombre de permis de construire ont ralenti à cause de la hausse des taux, tandis que les ventes de logements existants ont rebondi, les vendeurs se précipitant à céder leur bien de peur que les taux ne poursuivent leur hausse. Mais le ralentissement s’explique aussi par la difficulté à trouver de la main-d’œuvre et des terrains à bâtir, ce qui a pesé sur l’activité du secteur de la construction. Cela a conduit de nombreux analystes à revoir leurs prévisions de croissance de l’immobilier et sa contribution au PIB en2013 et 2014.

Qu’attendre pour le 4è trimestre ?

L’Europe devrait mieux se porter, les émergents devraient continuer de souffrir. La reprise européenne devrait parvenir à s’autoalimenter si le moral des ménages s’améliore et si les entreprises reconstituent leurs stocks. Un  marché à l’export plus solide devrait aussi aider la Chine.

L’impact des réductions des déficits budgétaires devrait s’atténuer. Ce serait une bonne nouvelle à la fois pour les exportateurs américains et chinois. Cependant, l’Europe n’est pas encore totalement tirée d’affaire. De nombreuses institutions financières manquent de fonds propres, et certains pays affichent trop de dettes. En outre, le rebond de l’économie française, deuxième de la zone, n’est pas suffisamment robuste comme dans d’autres pays.

Les marchés émergents ralentissent, à l’exception de la Chine. A la fin du deuxième trimestre, la Chine a envoyé des signes de ralentissement, en partie parce que le gouvernement a tenté d’orienter l’économie vers la consommation plutôt que les exportations. La croissance du PIB a chuté de 10%-12% vers 7,5% environ, son niveau le plus faible depuis 1990. Comme l’Europe redresse la tête et que les dépenses d’infrastructures en Chine et d’autres programmes d’investissement redémarrent, la Chine semble avoir trouvé les ressorts d’une nouvelle dynamique. Les dernières données sur les exportations et la production industrielle se sont nettement améliorées. Que ce rebond soit durable est toutefois moins certain.

Les autres marchés émergents ont été lourdement affectés par la décision de la Fed de réduire ses achats d’actifs. Lorsque les taux d’intérêt américains étaient historiquement bas, les marchés émergents bénéficiaient de flux massifs de capitaux du fait de leur croissance plus rapide et de niveaux de taux d’intérêt plus attrayants. Le changement d’attitude de la  Fed, l’envolée des taux d’intérêt américains conduisant à des rapatriements de capitaux vers les Etats-Unis. Ce mouvement a déprimé les devises émergentes et relancé l’inflation, tout en ralentissant l’activité économique. Cette baisse des devises aidera l’activité à long terme.

Le pétrole, en hausse du fait des tensions en Syrie, affecte un peu plus l’économie de nombreux pays émergents. Pour protéger leurs devises, de nombreux pays ont relevé leurs taux d’intérêt, ce qui a un peu plus pesé sur l’activité.

L’inflation devrait rester modérée. L’inflation semble être l’un des facteurs qui pourrait perturber le jeu de l’économie. Mais elle est restée très basse cette année, avec des prix de l’énergie stables, pas de hausse des prix des médicaments, et une baisse des prix des voitures d’occasion. La vraie surprise est que la courbe d’évolution des coûts de santé s’est orientée à la baisse. Reste à savoir si cela sera temporaire du fait de l’environnement économique, ou si ce sera une tendance de plus long terme.

Les discussions au Congrès pourraient ralentir l’activité. L’attention du marché étant captivée par la Fed et la Syrie, peu se sont intéressés au risque d’un arrêt de l’activité gouvernementale après le 30 septembre et sur l’atteinte du plafond de dette mi-octobre. A l’approche de la fin du mois, il n’y a pas plus de budget et sans un minimum d’accord pour poursuivre l’activité gouvernementale, l’administration sera dans l’obligation de s’arrêter début octobre.

Beaucoup pensent que le problème du séquestre a été évité, mais son impact sur l’activité se fera sentir en 2014, et pas durant l’exercice fiscal 2013. Le séquestre porte notamment sur la réalisation de certaines dépenses et pas sur les sorties de cash. Certains effets sont à attendre dans l’année qui vient.

Le marché immobilier pourrait se stabiliser et repartir. La hausse des taux d’intérêt, des prix, des ruptures de stocks et de main-d’œuvre ont pesé sur le marché au cours du trimestre écoulé. Pourtant, certains facteurs devraient s’atténuer au quatrième trimestre et par la suite. La décision de la Fed de ne pas agir de suite pourrait entraîner une baisse des taux et cela pourrait inciter les acheteurs qui ont manqué la dernière phase de taux faibles. Les stocks semblent se reconstituer et certains goulets d’étranglement sont résorbés. Enfin, les banques semblent plus actives et réduisent un peu leur restriction dans la distribution de crédit. Cela devrait rendre plus optimistes les fabricants de maisons ; leur sentiment s’est d’ailleurs largement amélioré, même si les nouveaux chantiers accusent un recul de 10% par rapport à leurs plus hauts printaniers.

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A propos de l'auteur

Robert Johnson, CFA  Robert Johnson, CFA, is director of economic analysis with Morningstar.

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